Ça fait un peu peur, et c'est fait pour. | Alexander Nemenov / AFP
Ça fait un peu peur, et c'est fait pour. | Alexander Nemenov / AFP

Membre de l'OTAN, l'Estonie visée par des simulations de tirs de missiles russes

Un cran de plus dans la tension à la suite du blocus de Kaliningrad par la Lituanie.

Alors que la Lituanie, en pleine guerre en Ukraine, a fait monter la pression en imposant à l'enclave nucléarisée de Kaliningrad un blocus qui selon Moscou pourrait avoir de sérieuses conséquences, un autre pays balte et membre de l'OTAN tire une inquiétante sonnette d'alarme.

Comme le rapporte Bloomberg, l'Estonie se dit par la voix de son ministre de la Défense visée par des simulations de tirs de missiles russes.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères du pays a convoqué l'ambassadeur russe après la violation «extrêmement sérieuse» de l'espace aérien estonien, pendant deux minutes le 18 juin, par un hélicoptère des armées du Kremlin.

Rien d'innocent dans ces événements, que l'on pourrait aisément qualifier de provocations: ils se déroulent à quelques jours d'un sommet de l'OTAN à Madrid, qui regroupera les chefs d'État et de gouvernement de l'Alliance du 28 au 30 juin dans la capitale espagnole.

Le Kremlin a également annoncé que sa flotte effectuerait des manœuvres en mer Baltique ces prochains jours –une autre manière de bander les muscles et de montrer sa présence.

Le 17 juin déjà, un navire russe violait les eaux territoriales danoises, alors que se tenait dans le pays un rassemblement de législateurs et d'entrepreneurs autour du thème de la démocratie.

Rubicon

L'Estonie, qui a demandé sans succès des explications au Kremlin, n'a pas précisé comment elle avait été mise au courant de ces exercices de tirs de missiles. Ceux-ci ne sont pas exceptionnels en soi, y compris contre un membre de l'OTAN, grande rivale de la Russie.

Leur timing ne laisse néanmoins que peu de doute sur leur message en forme de réponse menaçante à la crise de Kaliningrad, alors que le Kremlin titille régulièrement les nerfs des défenses des pays baltes en jouant avec les limites de leurs espaces aériens.

La crainte est d'autant plus grande que les trois pays baltes, comme la Finlande et la Suède, la Pologne ou la Moldavie notamment, s'inquiètent depuis des années des visées de Moscou les concernant.

Si les difficultés rencontrées par les armées russes dans leur invasion de l'Ukraine rendent le scénario moins probable, l'impérialisme de Vladimir Poutine, qui se compare publiquement au tsar Pierre le Grand, semble s'être mis en branle.

Nul ne sait à quelles frontières il s'arrêtera, mais transgresser celles d'un pays membre de l'OTAN signifierait la réaction immédiate de l'ensemble de l'Alliance: c'est le franchissement d'un Rubicon dont les conséquences seraient dramatiques.

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