Des militaires américains face à des protestataires figurants, lors d'un exercice de test de l'ADS en 2012. | Paul J. Richards / AFP
Des militaires américains face à des protestataires figurants, lors d'un exercice de test de l'ADS en 2012. | Paul J. Richards / AFP

Contre les migrants mexicains, les États-Unis ont envisagé une arme à micro-ondes

Nommée «Active Denial System», elle peut provoquer des brûlures au second degré.

Quelques semaines avant les élections de mi-mandat, fin 2018, Donald Trump avait exigé que l'on «frappe fort» contre l'immigration clandestine à la frontière mexicaine.

Lors d'une réunion qui s'est tenue le 28 octobre 2018, des membres du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ont donc suggéré l'utilisation d'une arme à micro-ondes, a révélé le New York Times.

Baptisée «Active Denial System» (système actif de refus [d'accès]), cette technologie développée par l'armurier Raytheon émet des micro-ondes qui provoquent une sensation de brûlure très douloureuse sur la peau.

Selon l'armée américaine, l'ADS est «non-léthale» et «utilise un faisceau dirigé d'énergie d'onde millimétrique qui pénètre d'environ 1/64e de pouce dans la peau de l'adversaire», jusqu'à un kilomètre de distance.

Graves brûlures

Voilà pour la théorie. La pratique est légèrement différente. Lors de tests, certains cobayes ont subi de graves brûlures au second degré. Déployée en Afghanistan en 2010, l'arme «a été renvoyée quelques mois plus tard et n'a jamais été utilisée contre des combattants ennemis dans des contextes militaires», selon l'ONG Physicians for human rights.

La proposition émise le 28 octobre 2018 semble avoir choqué les personnes qui participaient à la réunion. Jusqu'ici, l'utilisation de l'Active Denial System à la frontière n'avait jamais été envisagée «pour des raisons d'efficacité et de moralité».

Selon le New York Times, Kirstjen Nielsen, qui dirigeait alors le Department of Homeland Security (DHS), s'était montrée elle aussi hostile à cette proposition. En revanche, elle a défendu publiquement la politique consistant à séparer les enfants de leurs parents lorsque des familles entraient illégalement sur le territoire américain.

Les témoignages cités par le New York Times émanent d'ancien·nes responsables du Department of Homeland Security sous l'administration Trump. Deux d'entre eux, Miles Turner et Elizabeth Neumann, ont récemment appelé à voter contre l'actuel président, enregistrant des vidéos pour l'organisation Republican voters against Trump.

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