Ces cas sur Facebook sont de plus en plus nombreux, passant de dix par trimestre en 2013 à vingt-trois par trimestre en 2019. | Christoph Scholz via Flickr

Ces cas sur Facebook sont de plus en plus nombreux, passant de dix par trimestre en 2013 à vingt-trois par trimestre en 2019. | Christoph Scholz via Flickr

Sur Facebook on recense 366 cas de pédocriminalité entre 2013 et 2019

Selon un rapport, la plateforme échoue à lutter efficacement contre ce type d'infractions aux États-Unis.

«L'exploitation infantile est l'une des menaces les plus sérieuses sur lesquelles nous nous concentrons», déclarait Mark Zuckerberg en octobre 2019. Le PDG de Facebook évoquait également la création «de systèmes sophistiqués» destinés à repérer les comportements pédocriminels.

Récemment, le groupe d'investigation Tech Transparency Project (TPP) a publié un rapport mettant en cause le réseau social, qui brille a priori par son inaction dans les affaires de pédocriminalité. Entre 2013 et 2019, les enquêteurs du TPP ont comptabilisé 366 cas ayant mené à des enquêtes judiciaires –rien qu'aux États-Unis.

Les faits, relevant de l'exploitation infantile, impliquent entre autres la diffusion d'images à caractère pédopornographique, l'enrôlement d'enfants et le trafic sexuel. Et d'après le TPP, Facebook ne fait pas assez pour restreindre ou signaler à la justice ce genre de comportements.

Seulement 9% des cas ont été signalés par le réseau social

Depuis des années, Facebook travaille en collaboration avec le Centre national pour les enfants disparus et exploités (en anglais, NCMEC), une organisation américaine qui recense notamment les cas de violences sexuelles contre les enfants et les notifient aux autorités. En 2019, le réseau social a ainsi signalé environ 60 millions de photos et de vidéos.

Mais le blocage des contenus pédopornographiques n'est qu'une petite partie du problème et Facebook est encore aujourd'hui utilisé par des pédocriminels pour organiser leurs actions. Parmi les cas recensés par le TPP, 49% sont de l'ordre de la création, la diffusion ou l'obtention d'images à caractère pédopornographique, 41% concernent la corruption, le recrutement ou les échanges avec des mineur·es en vue de violences sexuelles. Et les 10% restants impliquent des cas de sextorsion ou de trafic sexuel.

Or, seulement 9% de ces affaires ont été révélées grâce à des signalements de Facebook à la justice ou au NCMEC. C'est la preuve de la très faible efficacité de la lutte anti-pédocriminalité initiée par le réseau social, qui explique utiliser la technologie PhotoDNA pour bloquer certaines images.

Le service de messagerie de Facebook n'est d'ailleurs pas en reste puisque c'est dans les messages privés des internautes qu'on retrouve le plus de comportements et images pédocriminelles. Plus de 80% des contenus signalés au NCMEC en 2019 ont été partagés sur Messenger. Le rapport du TPP cite en exemple le cas d'un habitant de Jacksonville en Floride, qui envoyait des photos de son pénis à une enfant de 9 ans.

La question d'une nouvelle législation

Depuis avril 2018, les textes de loi FOSTA-SESTA visant à combattre le trafic sexuel, en ligne notamment, ont quelque peu changé la donne pour Facebook et les autres réseaux sociaux. Ils peuvent désormais être tenus responsables de faciliter en connaissance de cause le trafic sexuel ou l'exploitation infantile sur leurs plateformes.

Facebook a d'ailleurs déjà été poursuivi en 2018 grâce à cette loi par une internaute qui, à l'âge de 15 ans, a été prise pour cible par un pédocriminel sur Facebook. La justice avait alors accusé l'entreprise de ne pas en faire assez contre l'exploitation infantile.

Cette semaine, des législateurs américains doivent présenter une nouvelle loi forçant les géants de la tech à réprimer plus sévèrement les contenus et comportements pédocriminels. Ce projet de loi intitulé Earn It Act prévoit, si aucune action concrète n'est prise par les plateformes, de les tenir davantage responsables devant la loi des contenus partagés sur celles-ci.

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