En juillet dernier Matt Hancock, ministre britannique de la Santé et des Affaires Sociales, avait parlé d'un accord signé dans le but d'aider les malades à obtenir de meilleurs conseils médicaux via Alexa. | Daniel LeaL-Olivas / AFP
En juillet dernier Matt Hancock, ministre britannique de la Santé et des Affaires Sociales, avait parlé d'un accord signé dans le but d'aider les malades à obtenir de meilleurs conseils médicaux via Alexa. | Daniel LeaL-Olivas / AFP

Le gouvernement britannique autorise Amazon à accéder aux données de 40 millions de patients

L'ONG Privacy International dénonce un accord passé entre le fabricant d'Alexa et le ministère de de la Santé qui va au-delà de l'annonce initiale.

Outre-Manche, l'exécutif dirigé par Boris Jonhson essuie actuellement une pluie de critiques pour avoir validé une autorisation d'accès aux informations médicales stockées sur les serveurs du NHS (National Health Service) et mises à la disposition d'Amazon sans aucune compensation financière et sans l'accord des patient·es.

En juillet dernier, Matt Hancock, ministre de la Santé et des Affaires Sociales, avait fait part d'un accord conclu avec Amazon pour que le géant américain puisse utiliser un certain nombre de données de santé dans le but d'aider les malades à obtenir de meilleurs conseils médicaux via Alexa. L'idée semblait louable. Cependant, l'accord va bien plus loin que ce qui avait été annoncé initialement.

Privacy International, une ONG qui milite contre la violation de la vie privée commise par les gouvernements, a révélé, après enquête et publication de l'intégralité du contrat, qu'il incluait «toutes les informations sur les soins de santé, y compris, sans s'y limiter, les symptômes, les causes et les définitions, ainsi que tout le contenu, les données, les informations et autres documents protégés par le droit d'auteur», détenus par le NHS et le ministère de la Santé et des Affaires Sociales. Le mastodonte du e-commerce a par ailleurs reçu un blanc-seing pour utiliser ces données à d'autres fins que de fournir des conseils médicaux.

Boris Johnson persiste et signe

En résumé, le gouvernement de Boris Johnson a remis entre les mains d'Amazon les clés du coffre-fort contenant l'intégralité des données de santé sensibles et personnelles de la grande majorité des Britanniques, avec toute latitude pour ce dernier de s'en servir comme il l'entend. L'accord empêche même le ministère de la Santé et des Affaires Sociales «d'émettre toute publicité sans une autorisation préalable écrite d'Amazon».

Ces révélations ont provoqué un véritable tollé dans les rangs des travaillistes et au sein de la population, après avoir été rendues publiques il y a quelques jours par Privacy International. Amazon s'est tout de suite défendu en affirmant que les personnes qui utilisent Alexa n'auront en réalité accès qu'à du «contenu général sur la santé». Pour l'instant, le gouvernement de Boris Johnson n'a pas prévu de faire machine arrière et maintient l'accord dans son intégralité.

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