Pour espionner heureux, espionnons cachés. | Michał Jakubowski via Unsplash
Pour espionner heureux, espionnons cachés. | Michał Jakubowski via Unsplash

L'hypersurveillance, un obstacle pour le bon vieil espionnage

Quand ne pas laisser de traces est plus suspect que le contraire.

L'hypersurveillance permanente de la société est une mine d'or pour les services de police et de renseignement. Mais elle est aussi un caillou permanent dans leur chaussure. Caméras de surveillance omniprésentes, géolocalisation de smartphones, reconnaissance faciale, intelligence artificielle: le travail des espions est plus complexe que jamais.

L'époque où un agent de terrain pouvait tranquillement traverser les frontières et se déplacer discrètement en terrain hostile est révolu. En février, William Burns, le nouveau patron de la CIA affirmait lors de son audience d'investiture devant le comité de renseignement du Sénat qu'il était désormais «bien plus compliqué d'utiliser les méthodes traditionnelles d'espionnage».

Aujourd'hui par exemple, l'identification biométrique dans les aéroports rend difficile la simple utilisation d'une fausse identité. Récemment, des images de vidéosurveillance ont permis d'identifier les membres du commando saoudien suspecté d'avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi.

En 2020, les noms et photos de trois membres des services secrets russes accusés d'avoir tenté de tuer Alexeï Navalny ont été révélés par le média d'investigation Bellingacat grâce à des données téléphoniques.

Dur, dur d'être un espion

Les opérations de renseignement deviennent donc plus complexes et donc plus coûteuses. Lors d'une conférence en 2018, raconte le Wall Street Journal, la directrice science et technologie de la CIA Dawn Meyerriecks racontait une expérience lors de laquelle l'agence avait compilé toutes les images des caméras de la capitale d'un adversaire des États-Unis, ainsi que les zones qu'elles surveillaient.

Une intelligence artificielle pouvait ensuite établir des trajets permettant d'éviter toute surveillance. L'idée était que l'agent secret sur place puisse porter une montre connectée lui indiquant s'il était dans une zone surveillée ou non. Tout cela est plus cher, plus long, et demande des moyens humains décuplés.

D'autant que l'omniprésence des moyens de surveillance apporte un autre problème: ne pas laisser de traces est encore plus suspect que le contraire. L'absence de données téléphoniques ou internet peut mettre la puce à l'oreille des services de contre-spionnage, explique Duyane Norman, un ex-gradé de la CIA.

Les agents de la CIA prétendent la plupart du temps travailler pour une autre agence américaine ou une entreprise privée située dans le pays où ils sont stationnés.

Mais dans ces cas-là, demande Norman, comment expliquer que son téléphone s'y trouve rarement, que ses relevés bancaires n'indiquent jamais qu'il mange dans le coin, qu'il n'est jamais présent sur les caméras de surveillance? Ne pas être espionné est désormais l'anomalie.

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