Plus de technologie mais moins de chimie: la promesse est attirante. | Ryan Searle via Unsplash
Plus de technologie mais moins de chimie: la promesse est attirante. | Ryan Searle via Unsplash

L’intelligence artificielle, une alternative aux pesticides

Bel espoir: la technologie pourrait aider l'agriculture à augmenter les rendements, tout en restreignant l'usage de produits phytosanitaires.

Pour favoriser la croissance des légumes, des céréales et des fruits cultivés sur une exploitation, les agriculteurs et les agricultrices peuvent désormais remplacer les pesticides par des algorithmes. Grâce à des capteurs déployés dans les champs et un usage optimisé des données, l'intelligence artificielle augmente le volume des récoltes –et ce sans utiliser de produits potentiellement toxiques.

D’après une étude réalisée par Research and Markets il y a un peu plus d'un an, le marché de l’IA appliquée à l’agriculture pesait en 2017 près de 518,7 millions de dollars (457 millions d'euros). Il devrait connaître dans les prochaines années une croissance spectaculaire, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) en 2025. Car les solutions développées par les start-ups et les laboratoires de recherche fonctionnent: testées sur le terrain, elles donnent des résultats concrets.

Cultiver grâce aux données

L'IA intervient de plusieurs façons dans un champ. Tout d'abord, elle permet grâce au deep learning une analyse fine et en temps réel de l'état des sols et des cultures. Ce faisant, elle met à la disposition des agriculteurs et des agricultrices, grâce à une simple application sur smartphone, un outil de suivi des récoltes qui prend en compte une série d'informations essentielles –hydrométrie, température, météo, ensoleillement.

En croisant ces informations, elle leur indique comment optimiser leurs cultures. Dans quelle parcelle faut-il arroser en priorité? À quelle heure de la journée? Avec quelle quantité d'eau? Où, quand et combien de graines faut-il planter pour obtenir le meilleur rendement? Elle améliore ainsi les protocoles d'irrigation et de fertilisation.

Présente sur tous les fronts, l'IA permet également de mieux piloter le désherbage des champs, grâce à une application développée par la start-up Carbon Bee, ou encore de connaître en permanence le niveau des stocks de grains, grâce aux capteurs mis au point par la start-up Visio Green.

Mais ce n'est pas tout. Grâce aux données, les agriculteurs et les agricultrices sont alertées immédiatement dès qu'un problème survient –contamination des sols, inondation, maladies, présence d'insectes nuisibles. Ils peuvent ainsi prendre sans attendre les mesures qui s'imposent et limiter les dégâts d'un sinistre. Enfin, l'IA met également à leur disposition toute une panoplie d'analyses prédictives, notamment météorologiques, qui les aident à anticiper les risques liés à leur activité.

Un exemple de cette efficacité? En utilisant l'IA et la technologie de vision par ordinateur développées par la start-up Prospera, le producteur de tomates Naturalsweet, implanté en Californie, a vu sa production augmenter de 4% l'année dernière. Les algorithmes pourraient bien, dans les prochaines années, faire disparaître les pesticides, ou du moins limiter leur usage: ce ne serait pas une mauvaise nouvelle.

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