Un chercheur brésilien à la recherche du sérum que le monde entier attend. | Douglas Magno / AFP
Un chercheur brésilien à la recherche du sérum que le monde entier attend. | Douglas Magno / AFP

Johnson & Johnson a déjà lancé la production d'un vaccin contre le Covid-19

Sans tests préalables ni agrément, ce pari à un milliard de dollars est pour le moins osé.

Fin mars, nous apprenions que l'administration Trump plaçait de larges sommes sur la table de certains laboratoires pharmaceutiques –Moderna et Johnson & Johnson en particulier– pour assurer l'accélération de la recherche en vue d'un vaccin contre le Covid-19, quitte à griller quelques étapes habituellement impératives.

Johnson & Johnson, ou plus exactement sa filiale Janssen, s'est vue attribuer la somme de 456 millions de dollars [418 millions d'euros] par le gouvernement américain. L'entreprise s'est parallèlement engagée à hauteur d'un milliard de dollars, conjointement avec le département de la Santé des États-Unis, dans la recherche et la mise à disposition d'un vaccin.

Plus vite que la science

Le laboratoire a décidé d'agir rapidement: il a annoncé à Forbes avoir déjà entamé la fabrication de son vaccin, dont la diffusion massive n'est pourtant pas espérée avant le début de l'année 2021.

Le pari est pour le moins risqué. La substance d'ores et déjà mise en production n'a pas encore été testée selon les règles de la science, et encore moins approuvée par les autorités sanitaires d'une quelconque nation. C'est le prix, est-il expliqué, de l'urgence; mais si le vaccin devait se révéler inefficace, tout serait à jeter à la poubelle.

«Ce n'est absolument pas standard. Normalement, on sait d'abord que ça marche, puis on lance la production, reconnaît Paul Stoffels, responsable scientifique chez Johnson & Johnson. Sauf que là, la crise est si grave que nous devons nous organiser différemment et aller de l'avant. C'est un programme à très haut risque parce que nous menons tout en parallèle, mais cette crise est si grande que nous n'avons d'autre choix.»

Pas pour l'argent

L'entreprise, dont la méthode diffère de celle utilisée par sa concurrente américaine Moderna et qui assure travailler en collaboration avec plusieurs centres de recherche, le jure: il n'est pas ici question de profit.

«Nous avons décidé depuis le début que nous ne ferions pas ça pour gagner de l'argent, mais pour que le vaccin soit abordable et accessible globalement le plus rapidement possible», précise Stoffels.

De son côté, Moderna a lancé les premiers tests de son candidat vaccin sur l'être humain. La Chine en est au même point, et de nombreux autres laboratoires partout dans le monde planchent sur leur propre sérum.

Bien intentionnés ou non, les premiers acteurs du secteur pharmaceutique à inonder le marché mondial d'un vaccin efficace contre le Covid-19 auront de grandes chances de toucher un sacré jackpot.

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