Rien qu'en mars, Facebook a supprimé «quatorze réseaux provenant de onze pays». | Grianghraf via Unsplash
Rien qu'en mars, Facebook a supprimé «quatorze réseaux provenant de onze pays». | Grianghraf via Unsplash

L'industrie du trolling professionnel embauche dans les pays en développement

Même les usines à trolls se délocalisent.

Au mois de mars 2021, Facebook a publié un rapport détaillant ses efforts pour lutter contre ce que le réseau social appelle les «comportements non-authentiques coordonnés». C'est-à-dire, «un effort coordonné de manipulation du débat public afin d'atteindre un but stratégique», où «l'utilisation de faux compte est central». Autrement dit, les usines à trolls.

Dans un article sur le sujet, Axios explique que ce type d'usines est un business bourgeonnant. Rien qu'en mars, Facebook a supprimé «quatorze réseaux provenant de onze pays». Ne nécessitant pas de compétences particulières, ces usines à trolls sont relativement peu coûteuses à mettre en place, surtout dans les pays en développement en Asie et en Afrique.

«De plus en plus d'africains sont connectés à internet et aux réseaux sociaux, mais le continent reste l'un des plus pauvres», explique Jean le Roux, un chercheur pour l'Atlantic Council. Ils constituent donc une main-d'œuvre idéale pour les organisations avec des moyens suffisants pour payer quelques personnes à troller toute la journée.

Comment les débusquer?

Pour détecter ces opérations, les réseaux sociaux tentent de déceler des «signaux de coordination centralisée étranges entre divers faux comptes» explique à Axios Ben Nimmo, directeur en charge des menaces d'opérations d'influence chez Facebook.

Ces signaux prennent plusieurs formes. Les comptes trolls ne publient souvent que sur un sujet précis, alors que les internautes normaux postent sur différents sujets. Ils publient souvent tous depuis le même endroit, car il est plus simple de contrôler son opération d'influence lorsque ses travailleurs sont rassemblés. Les faux comptes ont donc aussi tendance à poster aux mêmes heures.

Facebook décrit en détail une usine à trolls liée selon le réseau social à l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien, un groupe exilé de l'opposition iranienne.

L'entreprise de Mark Zuckerberg explique que les publications sur plus de 300 pages, groupes et comptes Facebook et Instagram étaient majoritairement effectuées sur des horaires de bureau. Avec pause le midi et interruption totale en soirée et la nuit.

Seulement, ce cycle suivait le fuseau horaire d'Europe centrale, étonnant pour des comptes prétendant être iraniens. Et pour cause, l'usine en question se trouve en Albanie.

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