Seul·es les plus ancien·nes savent ce qu'est cet étrange objet. | Vincent Botta via Unsplash
Seul·es les plus ancien·nes savent ce qu'est cet étrange objet. | Vincent Botta via Unsplash

Banques et États cherchent seniors sachant coder

La pandémie de Covid-19 provoque une pénurie de spécialistes en Cobol, un langage de programmation antique.

Pour un jeune développeur ou une jeune développeuse, rien de moins sexy que le Common Business-Oriented Language, le Cobol, un langage de programmation informatique dont l'âge d'or date des années 1970.

Il est pourtant utilisé par 95% des distributeurs de monnaie aux États-Unis. Il impose de se plonger dans des montagnes de documentation et d'écrire des centaines de lignes de code préhistorique pour parvenir au même résultat qu'avec trente lignes sur un langage plus récent comme Java ou Python.

Résultat: les expert·es du Cobol ont souvent plus de 60 ans et sont, même hors période de crise, très rares et recherché·es sur le marché de l'emploi.

Bill Hinshaw, l'un des développeurs stars du langage dans les années 1970, a même créé sa propre entreprise une fois arrivé à la retraite, Cobol Cowboys. Il raconte que sa clientèle est prête à le payer presque n'importe quel montant: «Vous pensez bien qu'ils sont gentils lorsque vous êtes le seul à pouvoir réparer le problème qu'ils ont», racontait-il à Reuters en 2017.

Erreur système

Avec le Covid-19, la situation pourrait prendre une tournure inédite. Dans le New Jersey, le gouverneur a tenu une conférence de presse pour en appeler en urgence aux spécialistes en Cobol, car la hausse soudaine de sans-emploi due aux licenciements massifs surcharge les services en ligne de l'assurance chômage.

Problème: leur infrastructure est en Cobol, donc les employé·es susceptibles de pouvoir la réparer et la maintenir sont des profils à risque face au Covid-19 –et souvent confiné·es.

Pourquoi les banques ou les administrations n'ont-elles pas modernisé leurs infrastructures, alors qu'il est devenu si complexe de trouver de la main-d'œuvre pour les maintenir?

La réponse est assez simple: le processus est long et terriblement coûteux. Pour donner un exemple, lorsqu'une banque australienne s'est débarrassée du cœur de son infrastructure Cobol, la transition a pris cinq ans et coûté 750 millions de dollars [690 millions d'euros].

Peu d'établissements sont prêts à faire le même sacrifice et n'y voient pas d'urgence car les scripts fonctionnent encore parfaitement. Ou presque: la preuve en temps de crise.

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