Une vue de détail du châssis, dans lequel sont installées les puces Loihi. | Tim Herman/Intel Corporation via Businesswire
Une vue de détail du châssis, dans lequel sont installées les puces Loihi. | Tim Herman/Intel Corporation via Businesswire

Intel fait réfléchir un ordinateur comme un cerveau humain

Sa nouvelle puce neuromorphique a les capacités d'un rat-taupe alors que la précédente avait celles d'un insecte.

Alors que la course à l'ordinateur quantique fait rage entre Google et IBM, Intel Inc., fabricant américain bien connu de processeurs et numéro un mondial des semi-conducteurs, dévoile un système de calcul neuromorphique capable d'émuler l'équivalent de 100 millions de neurones.

De quoi parlons-nous? De recherches portant sur l'informatique neuromorphique, un champ expérimental ayant pour objectif, dans son traitement de l'information, de faire fonctionner un ordinateur à la manière d'un cerveau humain. Il «prend le processus réel des cerveaux et le met dans le silicium», explique Mike Davies, directeur du laboratoire d'informatique neuromorphique d'Intel.

Avec les processeurs neuromorphiques, les possibilités en matière de systèmes d'intelligence artificielle prennent une autre ampleur. Il est possible d'entraîner des modèles de machine learning en utilisant une fraction des données habituellement utilisées.

Comme le résume le Wall Street Journal, cela signifie que ces modèles apprennent de la même manière que les bébés humains: en voyant une image une seule fois et en étant capables de reconnaître son sujet par la suite.

Petit mammifère

Comment cela fonctionne-t-il? La nouvelle puce que vient de mettre au point Intel se nomme Pohoiki Springs. C'est l'héritière direct de Pohoiki Beach, un système conçu en 2019 par Intel, mais elle dépasse largement ses capacités. Pohoiku Springs se présente sous la forme d'un châssis («rack» en anglais) embarquant 769 exemplaires entrelacés de la puce neuromorphique Loihi, sans dépasser les 500 watts de consommation d'énergie.

Selon le constructeur, la puce Loihi traite les informations 1.000 fois plus rapidement qu'un processeur classique. Combinée dans un châssis, la capacité computationnelle du système atteint 100 millions de neurones, l'équivalent d'un petit mammifère. Intel compare d'ailleurs ses prouesses intellectuelles à celles d'un rat-taupe, alors que Pohoiki Beach était comparé à un petit insecte.

Prenons quelques exemples concrets. Dans le cas d'une panne de courant généralisée, un système neuromorphique serait par exemple capable d'identifier immédiatement où l'énergie serait le plus nécessaire, explique Mike Davies.

Intel s'est également penché sur l'informatique olfactive pour tester son système. En collaboration avec l'Université Cornell, le laboratoire en informatique neuromorphique d'Intel a mis au point un «nez numérique», entraîné pour imiter le système olfactif des animaux. Le système Pohoiki Springs a réussi à reconnaître une odeur à partir d'un seul échantillon, alors qu'un système classique a besoin de 3.000 caractéristiques olfactives pour obtenir un taux de réussite de 92%.

Durant l'expérience, le système a pu détecter des odeurs comme l’ammoniaque ou le méthane, même si celles-ci étaient dissimulées par d'autres senteurs.

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