Image rare de robots manifestant pour réclamer des piles de meilleure qualité. | Frank Wang via Unsplash
Image rare de robots manifestant pour réclamer des piles de meilleure qualité. | Frank Wang via Unsplash

Quand l'intelligence artificielle invente revendications et pétitions

Pour le plaisir, la chercheuse en IA Janelle Shane a entraîné un réseau de neurones à générer des pétitions Change.org. Drôle.

En 2019, faire mumuse avec un réseau neuronal est presque devenu à la portée de tout le monde. Jadis cantonnés à des laboratoires de recherche, enfermés dans des machines à la puissance incomparable à celles vendues au commun des mortels, les algorithmes d'apprentissage machine ont profité de l'essor du cloud computing pour sortir des labos et offrir leur puissance d'analyse au plus grand nombre.

Aujourd'hui, les grands noms de l'IA (Facebook, Google, Amazon, Microsoft ou IBM) mettent leurs produits phares à disposition du grand public, gratuitement et clé en main, sur des plateformes dédiées.

Tout ce qu'il vous faut, c'est un projet et une base de données à faire ingérer à la bête. Le reste est géré directement par les serveurs de la plateforme: une telle facilité d'accès, ça ne pouvait que donner des idées à certain·es, bien au-delà du champ de la recherche scientifique.

Tout est dans la base de données

Janelle Shane, chercheuse à l'université de Californie de San Diego, tient le blog Ai Weirdness, dont le principe est élémentaire: faire générer des trucs inédits à des réseaux de neurones, pour l'amour de l'art.

Tout est dans le «dataset». Vous voulez générer des blagues à base de «Toc toc, qui est là?» Aucun problème. Des noms de chevaux de course? Ne bougez pas. Les résultats sont souvent déconcertants et drôles, de ce comique un chouïa malsain que seule la production algorithmique peut générer aujourd'hui (si les machines intelligentes manquent notoirement d'humour, se moquer de leurs erreurs est néanmoins un marqueur de notre formidable époque).

Dans l'un de ses derniers projets, publié le 18 mai, la chercheuse s'est demandé ce qu'un réseau de neurones pourrait générer comme revendications sociétales. Elle s'est donc tournée vers Change.org, le Google de la pétition en ligne, qui rassemble 290 millions de signataires et où l'on trouve à peu près tout et n'importe quoi en matière de doléance.

La base de données était toute faite. Côté algorithme, Shane a sélectionné l'algorithme 117M-GPT-2 d'OpenAI, pour sa capacité à «mieux enchaîner les phrases que ses concurrents» et pour sa meilleure conscience sémiologique.

Absurdement humain

Entraîné sur 190.000 pétitions dûment sélectionnées par la chercheuse puis lancé pendant quelques minutes sur une plateforme collaborative de cartes graphiques (GPU) –les algorithmes fonctionnent plus efficacement sur ces GPU que sur des processeurs classiques–, le réseau neuronal a rapidement généré ses propres pétitions.

Au rang des «mauvaises idées/causes perdues», on retiendra par exemple «les chiens ne sont pas des choses!! Les propriétaires de chiens ne sont PAS des êtres humains!» ou «contribuez à apporter le changement climatique aux Philippines», qui semblent tout droit provenir d'un esprit dérangé.

Après l'inévitable étape par l'absurde («Licornes: arrêtez de briser des produits de crabe»), Janelle Shane identifie quand même quelques résultats «plausibles».

L'un demande par exemple à Donald Trump de modifier le titre de l'hymne national en «Gator furieux», l'autre exhorte les peuples du monde à rebaptiser la Terre «Planète des géants», et une dernière souhaite recueillir des signatures pour qu'un chat puisse chanter en direct à la télé.

Et si vous trouvez ça trop gros pour passer pour de vraies revendications, vous connaissez aussi mal Change.org que la nature humaine.

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