Magnus Carlsen affronte le Russe Ian Nepomniachtchi lors des championnats du monde d'échecs à Dubaï, le 8 décembre 2021. | Guiseppe Cacace / AFP

Magnus Carlsen affronte le Russe Ian Nepomniachtchi lors des championnats du monde d'échecs à Dubaï, le 8 décembre 2021. | Guiseppe Cacace / AFP

Les intelligences artificielles peuvent-elles rendre les joueurs d'échecs plus humains?

L'instinct reste l'apanage suprême des grands maîtres.

La compétition entre humains et ordinateurs pour savoir qui est meilleur aux échecs est pliée depuis longtemps. En 1997, l'ordinateur d'IBM Deep Blue a battu le champion du monde Gary Kasparov. Depuis, plus le temps passe, plus les intelligences s'améliorent, rendant les victoires humaines impossibles.

Naturellement, les meilleurs s'inspirant des meilleurs, les grands maîtres d'échecs apprennent désormais des ordinateurs. Pour se préparer, joueurs et joueuses mémorisent les meilleurs coups à jouer et stratégies à adopter dans toutes les configurations possibles.

Pourtant, rapportent des journalistes du Wall Street Journal, l'un des plus grands joueurs de tous les temps vient de surprendre le monde des échecs en adoptant une stratégie plus «humaine» que son adversaire.

Le 3 décembre, lors des championnats du monde d'échecs à Dubaï, le Norvégien Magnus Carlsen a battu le Russe Ian Nepomniachtchi. C'est la première fois en cinq ans qu'un match sans limite de temps pour le titre se termine par une victoire et non un nul. Carlsen a ensuite réitéré cet exploit deux fois.

Human after all

Pour vaincre une personne raisonnant comme une machine, il faut tenter de percer des trous dans un raisonnement statistiquement parfait, ce qui n'a bien sûr rien de simple.

Lorsqu'un joueur sait précisément quelle est la meilleurs stratégie à adopter, il peut anticiper les mouvements d'un autre adversaire ayant le même raisonnement. Le seul moyen de le surprendre est donc de jouer un coup théoriquement moins bon.

«Le Graal, expliquait le grand maître Cristian Chirilă en 2018, n'est pas uniquement de trouver ce que la machine peut voir. C'est de comprendre ce qu'elle écarte, mais qui peut tout de même être utile.»

Paradoxalement, dans les échecs modernes, le meilleur coup n'est donc pas forcément le coup gagnant: il faut savoir repérer quel mouvement moins logique peut fonctionner, et donc s'appuyer sur son instinct et d'éventuelles contre-intuitions.

«On dit que les échecs sont une forêt ténébreuse remplie de serpents et d'épines, résume pour le Wall Street Journal le grand maître Danny Rensch. Magnus emmène ses adversaires dans cette forêt.»

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