Marier cet organe aux machines, un vieux rêve en train de devenir réalité. | sbtlneet via Pixabay
Marier cet organe aux machines, un vieux rêve en train de devenir réalité. | sbtlneet via Pixabay

Plus fort qu'Elon Musk: connecter cerveau et ordinateur par les veines

Grâce à une technologie moins invasive que Neuralink, des cobayes ont pu utiliser une machine par la simple pensée.

En septembre, Elon Musk présentait fièrement au monde Neuralink, son prototype de puce connectée censée servir d'interface entre l'humain et la machine.

En démonstration de cette annonce fracassante, les cochons grouinant avec des électrodes dépassant de leur cerveau n'avaient pas convaincu grand-monde.

En théorie, pourtant, connecter le cerveau humain à l'ordinateur est une idée séduisante: cela permettrait de redonner la parole et la mobilité aux personnes paralysées, de guérir les douleurs et même de «stocker ses souvenirs sous forme numérisée», selon Elon Musk.

Mais qui a vraiment envie de se faire implanter des électrodes dans le cerveau? La procédure demeure incroyablement risquée et l'on ignore si elles peuvent causer des dommages à long terme. En outre, le cerveau tente de se défendre contre l'intrus en entourant l'électrode de cellules gliales qui réduisent sa conductivité. Bref, on est loin d'une application grand public.

Ça stent

Une équipe de recherche australienne vient de dévoiler une nouvelle idée pour connecter le cerveau et la machine: passer par les veines. La technique consiste à introduire les électrodes dans un stent (un tube élastique extensible) et à insérer celui-ci dans une artère qui mène au cerveau.

Lors d'un test sur deux personnes paralysées, les scientifiques ont réussi à faire passer le fil de l'électrode par une veine de la gorge, puis dans un vaisseau situé près du cortex moteur primaire.

Les électrodes se plaquent contre la paroi du vaisseau et peuvent communiquer des signaux –par exemple l'intention de bouger. Ces signaux sont ensuite récupérés via un émetteur infrarouge implanté dans la poitrine.

Après quelques semaines d'entraînement, le temps d'optimiser les algorithmes décryptant les signaux, les cobayes ont pu déplacer un curseur et cliquer à l'aide de leur seule pensée pour envoyer des SMS, faire des achats en ligne, ou d'autres tâches numériques, rapporte Wired.

«La technologie du stent a fait ses preuves de longue date dans le domaine cardiaque et neurologique pour traiter les maladies. Nous réutilisons simplement cette fonction en mettant des électrodes sur le stent», explique Thomas Oxley, neurologue et PDG de Synchron, la société qui espère commercialiser cette technologie.

«C'est entièrement implantable et non invasif, ajoute-t-il. Les patients rentrent chez eux en quelques jours, et le système se passe presque totalement de maintenance.»

Reste quelques obstacles à régler, comme la faible intensité du signal ou les interférences provenant des autres tissus, comme les vaisseaux sanguins par lesquels transite l'électrode.

«C'est insuffisant pour la recherche neuroscientifique, mais ça pourrait être d'un grand secours pour les personnes paralysées», atteste Vikash Gilja, qui dirige le laboratoire d'ingénierie neurale translationnelle de l'Université de Californie à San Diego. Pas de quoi rassurer les adversaires du transhumanisme, mais au moins celles et ceux effrayés à l'idée de se faire tripoter le crâne.

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