Qu'ils sont kiki! | Dorothea Oldani via Unsplash

Qu'ils sont kiki! | Dorothea Oldani via Unsplash

Les animaux mignons, business juteux et chevaux de Troie de la désinformation

Derrière ces chatons peut se cacher un antivax.

C'est le secret le moins bien gardé d'internet: le moyen infaillible de générer de l'engagement, ces précieux clics, commentaires et partages sur les réseaux sociaux, est de poster des vidéos d'animaux. Bonus si c'est un chat.

Or, l'engagement est l'indicateur que les algorithmes qui choisissent quel contenu mettre en avant sur les réseaux privilégie par-dessus tous les autres. Les animaux mignons constituent donc un bon moyen pour faire grimper l'audience de contenus qui n'ont rien à voir avec eux.

Si les vidéos attendrissantes paraissent parfaitement inoffensives, elles sont aussi souvent utilisées comme des chevaux de Troie par certaines organisations afin de propager plus efficacement leur désinformation, révèle une enquête du New York Times.

Adorable faon dans la neige, vidéo d'hommes rejetant à la mer un dauphin échoué sur une plage... à première vue, la page Facebook NTD Television semble, comme des milliers d'autres, partager essentiellement des photos mignonnes et des histoires feel good.

Pourtant, à y regarder de plus près, cette page fait tout ce qu'elle peut pour rediriger ses 28 millions d'abonnés vers un site appelé The Epoch Times.

Un peu de QAnon avec votre chaton?

The Epoch Times est un journal lié au mouvement spirituel chinois Falun Gong, qui a depuis quelques années adopté une ligne ultra-conservatrice et conspirationiste. Fervent soutient de Donald Trump, le média promeut des théories nées chez QAnon et il est distribué dans les mouvements anti-vaccin.

Le New York Times a passé au peigne fin les 103 pages Facebook d'Epoch Media, l'entreprise propriétaire d'Epoch Times. L'an dernier, elles ont posté 12.062 vidéos d'animaux mignons, et engrangé des milliards de vues. Epoch Times n'est pas la seule entité à avoir recours à ce stratagème désormais répandu. Le procédé fait des émules auprès des antivax autant que dans le public qui met en ligne des pages accusant le changement climatique d'être un mensonge monté de toutes pièces.

Le mode d'emploi de cette astuce destinée à gonfler son engagement et visant à être mis en avant par les algorithmes est très simple. Les administrateurs n'ont même pas besoin de se donner la peine de rassembler du contenu. Si la capacité de ces vidéos attendrissantes à se répandre peut sembler organique, elle est en réalité le produit d'un business bien huilé.

Il existe des entreprises, telles que Junkin Media ou ViralHog, qui se chargent d'identifier des vidéos à haut potentiel viral puis de négocier des contrats de diffusion avec les internautes qui les ont créées. Il ne reste plus aux intéressés qu'à acheter ces formats courts prêts à diffuser sans craindre la discrimination des entreprises qui les mettent sur le marché, qui sont peu regardantes sur la clientèle.

Auprès du New York Times, le vice-président de Junkin Media n'a pas tenu à faire de commentaires au sujet de l'activité de son entreprise. Le fondateur de ViralHog, lui, assume: «Une fois que quelqu'un achète notre contenu brut, ce qu'il en fait le regarde. ViralHog ne soutient et ne s'oppose à aucune cause ni à aucun objectif. Cela serait en dehors du cœur de notre business.»

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