Les internautes ont de moins en moins besoin d'aller au-delà de Google: tant pis pour les autres. | Michael Tuszynski via Unsplash
Les internautes ont de moins en moins besoin d'aller au-delà de Google: tant pis pour les autres. | Michael Tuszynski via Unsplash

Google n'est plus une porte d'entrée sur le web, mais un cul-de-sac

Selon le chercheur Rand Fishkin, 50,3% des requêtes sur le moteur de recherche ne débouchent sur aucun clic.

Combien de fois par jour utilisez-vous Google comme moteur de recherche? Et combien de fois trouvez-vous la réponse à votre question dès la première page de résultats?

De plus en plus souvent, il faut le reconnaître, soit parce que Google vous la fournit directement (traduction, hôtels, vols, paroles de chansons...), soit parce qu'il vous suffit de lire le résumé des pages les plus pertinentes (les fameux rich snippets), désormais rassemblées sur la colonne de droite.

Tendance au «zéro clic»

Selon une analyse de Rand Fishkin, créateur du moteur de recherche spécialisé SparkToro, 50,3% des requêtes effectuées sur Google aux États-Unis en juin 2019 n'auraient abouti sur aucun clic.

Sur l'ensemble du deuxième trimestre 2019, le chiffre descend à 49,8%, mais près de 6% des clics dirigeaient vers des domaines détenus par Google (Maps, YouTube, Android, etc.). Mathématiquement, cela ne laisse qu'un peu plus de 44% pour tout le reste du web.

À en croire Fishkin, la part de ces recherches «zéro clic» est en constante augmentation depuis 2016 –elles représentaient alors 43% du total. En trois ans et demi, les résultats de recherche sponsorisés ont quant à eux doublé, passant de 2% à 4%.

Sur mobile, l'évolution est encore plus prononcée: désormais, 62% des recherches terminent sans clic, les clics sur les résultats dits «organiques» (non sponsorisés) ont diminué de 14 points par rapport à 2016 et ceux sur les contenus sponsorisés ont plus que triplé.

Pour le moment, l'ensemble des sites n'appartenant pas à Google et ne disposant d'aucun contrat avec le géant du web pour être mis en valeur apparaissent comme les grands perdants de la tendance.

Tentation monopolistique

Au-delà de ces chiffres, c'est la réaction de Google qui intrigue. Le 23 juillet 2019, un comité de la Chambre des représentants américaine a demandé à Adam Cohen, représentant de l'entreprise, de justifier ces 50% de «zéro clic».

Déçu par l'opacité de ses réponses, le président du comité David Cicilline a à nouveau interrogé Google par écrit, avec une simple case «oui» ou «non» à cocher.

La réponse de la société, en deux paragraphes, réfute l'authenticité des données récoltées par Fishkin (une critique recevable, puisqu'il manque notamment les données d'iOS) et d'autres, sans pour autant nier la véracité du phénomène.

Ces questions embarassent Google, qui possède 94% du marché des moteurs de recherche de navigateurs web. Il faut dire que pour les industries (tourisme, transport, recherche d'emploi, etc.) que le mastodonte a décidé de concurrencer, la bataille est tellement perdue d'avance que les régulateurs ont décidé de pointer le bout de leur nez.

En Europe, Google en est à sa troisième amende en trois ans pour abus de position dominante et aux États-Unis, le ministère de la Justice vient d'ouvrir une enquête sur la question.

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