L'impact global de l'iPhone sur l'environnement serait moindre qu'estimé. | Drew Coffman via Unsplash
L'impact global de l'iPhone sur l'environnement serait moindre qu'estimé. | Drew Coffman via Unsplash

L'iPhone a peut-être été une bénédiction pour la planète

Il nous a évité de fabriquer des milliards d'autres produits grâce à ses usages multiples.

À première vue, les près de deux milliards d'iPhone vendus dans le monde ne l'ont pas été sans causer d'importants dommages à l'environnement. Pourtant, nous avons peut-être grâce à eux limité la casse, estime une tribune publiée dans Wired.

Certes, leur fabrication nécessite de puiser régulièrement dans les ressources de la Terre pour produire plastique et autres composants, puis pour les transporter. Une estimation souligne même que leur consommation électrique pourrait être proche de celle d'un réfrigérateur. Un constat inquiétant, surtout lorsque l'on sait que l'énergie est en grande partie issue de combustibles fossiles.

Toutefois, malgré ces ombres au tableau, le smartphone légendaire de Steve Jobs nous a peut-être évité une catastrophe écologique d'une plus grande ampleur. Comment? En remplaçant une multitude de produits.

Un impact global à nuancer

Bien que l'iPhone soit réputé énergivore, la consommation d'électricité n'aurait pas suivi la courbe des ventes du produit phare de la marque à la pomme. Aux États-Unis, elle serait stable depuis 2009.

La consommation de certaines ressources naturelles aurait même diminué –l'acier et le cuivre seraient notamment moins utilisés outre-Atlantique, écrit Andrew McAfee, cofondateur de l'Initiative on the Digital Economy du MIT et auteur de cette tribune pour Wired. «Des changements qui ne sont pas uniquement dus à la mondialisation et à la délocalisation. L'Amérique reste une grande puissance industrielle, responsable de 25% de l'économie globale», précise-t-il.

Au-delà de l'utilisation des ressources terrestres, Steve Cichon, écrivain, journaliste et historien à la retraite a fait une curieuse découverte. À la dernière page d'un vieux journal des années 1990 sur lequel il a remis la main était publiée une publicité du détaillant électronique Radio Shack. «Il y a [sur la page de pub] 15 objets électroniques. 13 des 15 objets tiennent maintenant dans votre poche», s'étonne-t-il.

Ce constat ouvre la voie vers une réflexion sur l'impact global de l'iPhone –puis des smartphones en général, pour lesquels il a ouvert la voie– et à ne pas se limiter à sa simple production pour déterminer son empreinte environnementale.

Qu'aurait-on produit au cours des douze dernières années dans un monde sans smartphones? Beaucoup plus de matériel, affirme McAfee. Selon lui, les ventes –et donc la production– d'appareils photo numériques ou de caméscopes se sont effondrées ces dernières années du fait de la dématérialisation de leur usage, rendue possible par les téléphones tout-en-un.

Même polluant, un objet qui en remplace quantité d'autres tout aussi polluants est sans doute un moindre mal. Très optimiste, McAfee pense que contrairement aux apparences, les progrès technologiques –ainsi que les exigences du marché– peuvent sauver le monde. Il entrevoit même un nouvel âge des Lumières, lors duquel nous entretiendrions «une relation stable et saine avec l'ensemble du monde». Puisse-t-il dire vrai.

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