Le nombre contre la force. | Menahem Kahana / AFP
Le nombre contre la force. | Menahem Kahana / AFP

Comment fonctionne le Dôme de fer israélien, et comment les roquettes du Hamas cherchent à le percer

L'escalade est technologique et le changement, d'échelle.

Visibles ci-dessous et diffusées notamment par l'armée israélienne, les images impressionnent. Elles illustrent l'escalade actuelle du conflit israélo-palestinien, qui n'a semble-t-il pas été aussi intense depuis la guerre de Gaza en 2014, et montrent qu'un certain changement d'échelle dans son asymétrie est peut-être en train de s'opérer.

Des dizaines de roquettes, lancées en un barrage dense par le Hamas sur l'État hébreu, rencontrent dans les airs une quantité plus grande encore de projectiles, déployés par l'«Iron Dome» israélien –son Dôme de fer– pour les intercepter et les annihiler avant qu'elles ne touchent le sol.

Le Washington Post est revenu sur le fonctionnement du Dôme de fer ainsi que sur la manière dont le Hamas tente d'y percer des failles, afin que ses roquettes finissent par toucher des cibles au sol.

Conçu par Israël avec l'appui technologique et financier d'États-Unis en ayant également fait l'acquisition, développé par Rafael Advanced Defense Systems et Israel Aerospace Industries, le Dôme de fer est l'un des éléments du vaste bouclier anti-aérien israélien, dont les premiers éléments ont été mis en place en 2011.

Ce bouclier conçu en «couches» de protection est formé de trois systèmes distincts. Le premier est l'Iron dome à proprement parler, qui est décrit comme «Counter Rocket, Artillery, and Mortar», ou C-RAM, donc chargé des menaces à courte portée. Les deux autres, consacrés à des menaces de portées plus longues, sont nommés «David's Sling» (Fronde de David) et «Arrow».

Dans son ensemble, ce bouclier est est présenté comme capable d'annihiler roquettes, missiles à courte ou moyenne portée, tirs de mortier ou d'artillerie et, depuis une récente mise à niveau, des missiles de croisière ou la menace grandissante de drones armés.

Lors d'une attaque, le système radar et informatique de l'Iron Dome identifie les projectiles hostiles et détermine s'ils présentent ou non une menace pour des zones habitées en Israël. Le cas échéant, il lance depuis des plateformes fixes ou mobiles des intercepteurs, qui abattent leurs cibles en explosant dans leur périmètre immédiat –les charges explosives ne sont néanmoins pas toujours détruites, et des débris retombent au sol.

Escalade de l'asymétrie

Comme le rappelle le Washington Post, certains analystes pensent que le Dôme de fer finit par desservir Israël, en prolongeant indéfiniment le conflit avec ses ennemis. D'autres remettent en cause les chiffres fournis par l'amée israélienne, qui présente son bouclier comme efficace à 90%.

Depuis le 10 mai et selon Tsahal, 500 roquettes auraient été lancées par le Hamas vers Israël, notamment en réponse à des frappes aériennes aux conséquences impressionnantes et funestes. Certains de ces projectiles réussissent à passer entre les mailles du filet et à provoquer, côté israélien, des victimes civiles ou d'importants dégâts matériels.

Les roquettes du Hamas sont généralement produites au sein même de la bande de Gaza. De type Qassam, elles sont plutôt rustiques bien qu'en progression constante, par exemple au niveau de leur portée.

Elle ont surtout l'avantage d'être peu coûteuses –quelques centaines de dollars, contre plusieurs dizaines de milliers pour un projectile tiré par l'Iron Dome. Elles sont, par conséquent, nombreuses: selon certains observateurs repris par le Washington Post, le mouvement islamiste disposerait d'un arsenal de plusieurs dizaines de milliers d'entre elles.

Il est donc possible, sinon probable, que les lancements massifs de roquettes, aisés à effectuer sur un plan opérationnel, se multiplient dans les prochains jours, si nul cessez-le-feu n'est décidé entre les deux parties belligérantes.

Le Dôme de fer est efficace mais, comme l'ont prouvé une fois de plus les événements des derniers jours, n'est pas invincible. De son côté, le Hamas dispose de suffisamment de projectiles pour continuer de noyer le bouclier sous une masse de roquettes. Et si le financement notamment iranien ou qatari suit, il peut continuer à en produire.

Face à la toute-puissance de Tsahal et dans «une forme de guerre d'attrition», comme le décrypte le spécialiste Jean-Marc Lafon, il peut compter sur celles échappant à la protection du bouclier pour faire peser le poids de la peur sur la population civile israélienne.

De l'autre côté, Benyamin Netanyahou et ses alliés, pas des plus pacifiques, se résoudront alors peut-être à intensifier encore les frappes aériennes, voire à engager une action au sol dans la bande de Gaza. Ce à quoi nous assistons ces derniers jours ne sera alors que les prémices d'une guerre beaucoup plus longue et beaucoup plus meurtrière.

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