Quand Vladimir Poutine bande les muscles, il ne fait pas les choses à moitié. | Sarah Christine Noergaard / Scanpix Denmark / AFP
Quand Vladimir Poutine bande les muscles, il ne fait pas les choses à moitié. | Sarah Christine Noergaard / Scanpix Denmark / AFP

Le jeu dangereux de la marine russe au large de Hawaï

Toujours plus près de l'incident de trop.

Les observateurs s'interrogaient depuis quelques semaines quant aux «scrambles» de plusieurs F-22 depuis leur base de Pearl Harbor-Hickam. Quelle menace aurait pu pousser l'US Air Force à faire ainsi décoller en toute urgence, à deux reprises au moins, ses intercepteurs les plus redoutables?

Il y a fort à parier que la réponse tient dans les manœuvres engagées au même moment par la marine russe dans le Pacifique. Si le monde avait connaissance des exercices de grande ampleur de la flotte maritime militaire de Russie, dont l'un des buts avoués était l'entraînement à couler un porte-avions et ses escortes, leur proximité réelle avec le sol américain n'a été révélée que le 22 juin.

Le commandement américain dans la région vient ainsi de confirmer que la flottille concernée par ces exercices, décrits par le Kremlin comme les plus massifs depuis la fin de la Guerre froide, était passée à quelques cheveux seulement de Hawaï.

Pearl Harbis

Ces bateaux et leurs aéronefs, que l'on pensait un temps à une distance comprise entre 500 et 800 kilomètres, ont en réalité frôlé l'île d'Oahu, la plus peuplée de l'État américain. «Au plus proche, certains navires se sont retrouvés à une distance de 37 à 54 kilomètres de Hawaï», a expliqué le capitaine Mike Kafka, porte-parole de l'US Navy pour la zone.

Trente-sept kilomètres: ce sont encore les eaux internationales, mais c'est suffisamment proche pour donner des sueurs très froides au commandement américain. Suffisamment proche pour, toutes affaires cessantes, le pousser à déplacer dans la zone l'USS Carl Vinson, son porte-avions de classe Nimitz, ainsi que la flotille qui l'accompagne.

Suffisamment également pour provoquer ces décollages d'urgence des F-22, envoyés dans les airs lorsque des avions russes, possiblement des bombardiers Tu-95 «Bear» ou leur version de patrouille Tu-142MZ, ont semblé se diriger droit vers l'île du Pacifique. «Aucune interception n'a été faite, les aéronefs russes semblant finalement se dérouter de leur cap initial», précise le Star Adviser, journal local.

La tension est donc grande. Elle l'est d'autant plus que l'armée américaine mène dans la région une série de tests de missiles de défense, tests qui ont dû être interrompus du fait de cette proximité russe et de la crainte d'un espionnage technologique à distance.

Tout ceci s'est déroulé à peu près au moment où Joe Biden et Vladimir Poutine se rencontraient pour la première fois, à Genève, le 15 juin. Lorsque le président russe décide de bander les muscles afin de marquer son territoire et d'afficher sa volonté de puissance, il ne fait pas les choses à moitié.

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