Seul, c'est bien. À plusieurs, c'est encore mieux. | Nintendo
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Vous devriez craquer pour la Switch OLED

Simple mise à niveau d'une console encore pimpante, la nouvelle Nintendo a pourtant de quoi se rendre irrésistible.

Les sources semblaient solides. Beaucoup attendaient, prophétisaient, annonçaient une Switch Pro, une Switch Plus, une Super Switch, une Wonder Switch pour la décennie à venir.

Fort du carton en platine de sa version initiale lancée en 2017 et face aux fraîches, rutilantes et véloces PlayStation 5 et Xbox Series de Sony et Microsoft, Nintendo allait bander les muscles, regarder le turfu droit dans les yeux et débouler avec les concurrentes dans la course aux pétaflops et à la 4K, aux 120hz et aux 60fps, aux jeux AAA et à la puissance brute.

L'annonce de la Switch OLED fut donc, pour une partie des gamers les plus exigeants, une légère déception. Un nouvel écran un peu plus vaste et, mis à part ce qui semblait n'être que quelques détails, c'était à peu près tout. Le géant japonais n'a finalement offert à sa console-star qu'une légère mise à niveau, un petit revampage, une vague mise à niveau.

Et la question de se poser, du moins si vous n'êtes pas un coureur de nouveautés, un early adopter, ou un indécrottable fan de la marque japonaise: est-il nécessaire de craquer pour la machine, vendue un peu plus chère que son aïeule encore vaillante, encore pimpante, tout aussi capable de faire tourner l'intégralité du très, très riche catalogue de la plateforme.

OLED it be mine

La réponse dépend de plusieurs facteurs. Possédez-vous déjà une Switch? Dans quel état est la machine, elle qui a tant vécu, tant donné, tant voyagé, brinquebalée de sac à dos en TGV, de vacances à la plage aux mains peu précautionneuses d'enfants excités, qui ont tant tanné les joycons, tant usé la batterie? Avez-vous des sous à dépenser? Avez-vous une famille, des enfants? À vous de voir. Sachez simplement qu'après avoir passé quelques jours à la tripoter dans tous les sens, nous n'hésiterions qu'en cas de ruine totale et de capacité d'emprunt épuisée.

L'écran, d'abord. Ce n'est pas accessoire, un écran: c'est la porte d'entrée dans un jeu, dans un univers, c'est la porte de sortie d'un autre, le nôtre, c'est l'interface entre notre petite personne et l'infinité de vies qu'offre le jeu vidéo.

Celui de la Switch OLED est, force est de le constater, spectaculairement meilleur que celui de sa prédécesseure. Éclatant, très lumineux, très coloré (trop coloré, note même Gamekult), il est surtout plus grand. «Bof, quelques petits centimètres de diagonale en plus, ça ne changera pas la face du monde», pensez-vous? Pas du nôtre, certes, mais croyez-nous, ça bouleverse beaucoup plus sensiblement que prévu la face des univers dans lesquels, console en mains, vous allez crapahuter.

Au point que, si l'on possède les deux consoles, il est douloureux de revenir en arrière, dans un passé pourtant merveilleux, vécu avec la Switch première du nom. Replongez dans Zelda: Breathe of the Wild, redécouvrez Cuphead dans une nouvelle splendeur, affinez vos temps au tour dans un Mario Kart transfiguré, lancez-vous enfin dans une longue campagne de Civilization VI sans vous niquer les yeux: ces petits centimètres, c'est plus qu'un grand confort, c'est une expérience portable plus immersive, plus proche sans doute de ce que peut être le jeu en mode docké et sur un téléviseur, mais dans le creux des mêmes mains, avec le même format.

Cet écran plus large signifie également que la console, en mode nomade, posée sur une table, chacun une manette en mains, est beaucoup plus praticable à deux. Excitante sur le papier, la possibilité était déjà l'un des arguments de la Switch originelle, mais l'étroitesse de son écran et, surtout, la difficulté de la faire tenir sur son trop mini trépied rendait la chose acrobatique.

Avec cette fois un support large pour la poser confortablement, et mieux faire varier l'angle de vue, cette capacité autrefois boudée prend beaucoup de substance –pour l'avoir testée dans ce mode avec un enfant de 6 ans (et demi), on peut garantir que le plaisir se partage beaucoup, beaucoup plus facilement.

Les mondes en partage

C'est d'ailleurs cette notion de partage qui, peut-être, peut porter la Switch OLED vers les sommets et dans vos mimines. Si vous cherchez à acquérir une portable Nintendo, elle peut bien sûr constituer un parfait premier achat, en particulier si vous pouvez investir les dizaines d'euros qui la séparent de sa vieille sœur, ce que nous vous conseillons de faire.

Mais il y a fort à parier que, dans de nombreux cas, du moins celui ou vous ne vivez pas seul, elle sera la deuxième Switch de la maisonnée. L'ancienne ne sera pas mise au rebut, ni sur le Bon Coin: elle vivra, encore, et vivra aussi longtemps que sa forme le lui permettra, mais elle poursuivra son existence dans d'autres paires de mains du foyer.

Après tout, chers parents, vous aviez déjà une télévision, mais avez fait l'acquisition d'une tablette, pour occuper ponctuellement vos bambins avec quelques heures de Netflix.

Pourquoi alors ne pas avoir à la maison une seconde console, précisément pensée par Nintendo pour un public de 7 à 777 ans, dont le catalogue regorge de titres conçus pour nos chères têtes blondes ou, mieux encore, pour un partage rigolard entre générations de vieux cons du gaming et de futurs champions du monde de Fortnite?

Las, contrairement à l'ère DS, cette très attirante capacité pour du multijoueur chacun sur sa machine n'est pas favorisée par la politique «une console, une cartouche» de Nintendo et des éditeurs, et investir deux fois dans un même jeu, au sein d'une même famille, semble rédhibitoire.

Tant pis: au moins aurez-vous la paix et échapperez-vous aux crises de jalousie lorsque vous entamerez votre beau périple sur Eastward, alors que votre enfant, ou conjoint, ou conjointe, ou mère, ou colocataire sera pris d'une irrésistible envie de se lancer dans deux heures de Stardew Valley.

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