Un militaire néerlandais pilote un drone Atlas Pro à Darp, aux Pays-Bas, le 16 décembre 2020. | Sem Van Der Wal / ANP / AFP

Un militaire néerlandais pilote un drone Atlas Pro à Darp, aux Pays-Bas, le 16 décembre 2020. | Sem Van Der Wal / ANP / AFP

À l'écart de la Silicon Valley, des start-ups draguent le Pentagone

La plupart des firmes tech rechignent à travailler avec l'armée: pas celles-ci.

L'époque où des inventions révolutionnaires comme le GPS ou internet sortaient de laboratoires militaires avant d'être utilisées par la population civile est révolue. Désormais, ce sont des entreprises privées qui dominent le secteur technologique, et l'armée qui tente de s'approprier leurs innovations.

Seulement, au grand dam du Pentagone, les grandes entreprises de la Silicon Valley sont réticentes à l'idée de conclure des contrats avec l'armée ou la police, qui ne demandent pourtant qu'à délier leur bourse. Ce genre de contrat débouche souvent sur des protestations de la part de salariés qui refusent une utilisation violente de leurs inventions.

Google prévoit par exemple que ses IA ne peuvent pas être utilisées pour «des armes ou toute autre technologie dont le but principal est de blesser quelqu'un ou de faciliter des blessures».

Mais toutes ne font pas la fine bouche. Comme le raconte le New York Times, à l'écart de la Silicon Valley, de plus en plus de startups constatent qu'elles peuvent grassement profiter de la pudeur des grandes firmes de la tech pour occuper le terrain.

L'armée s'intéresse particulièrement aux drones autonomes, des engins équipés d'une intelligence artificielle leur permettant d'agir sans pilote. Un tel drone peut analyser lui-même les images qu'il enregistre et, par exemple, suivre un véhicule ou une cible humaine, détecter une activité anormale non loin d'une base militaire, alerter lorsqu'une frontière est franchie, etc.

Tuer sans humain

Shield AI, Anduril, Teal Drones et d'autres: à Irvine, San Diego ou Salt Lake City, loin de la Silicon Valley, plusieurs startups travaillent sur de tels engins, et retiennent l'attention de l'armée.

«Les drones autonomes vont devenir une clé des combats et autres activités militaires dans les années à venir, explique au NYT Mike Brown, le directeur de l'Unité d'innovation de défense. Nous devons nous assurer de pouvoir les acheter à des alliés».

Même si leurs technologies sont encore en développement, ces startups disposent d'un avantage crucial pour l'armée. Elles assument que, oui, ces drones pourront être armés, et donc potentiellement faire usage de force létale sans intervention humaine. Une frontière que peu de développeurs d'intelligence artificielle sont prêts à franchir.

Pour fonctionner, les jeunes pousses de ce type nécessitent aussi des investisseurs. Parmi les rares à se risquer sur ce terrain glissant se trouve le fonds Andreessen Horowitz et bien sûr Peter Thiel, le milliardaire fondateur de Palantir. Une entreprise de data très contestée, qui elle-même raffole des contrats policiers et militaires.

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