Des manifestants masqués opposés à la proposition de loi «sécurité globale», le 28 novembre, à Paris. | Alain Jocard / AFP
Des manifestants masqués opposés à la proposition de loi «sécurité globale», le 28 novembre, à Paris. | Alain Jocard / AFP

Désolé, votre masque ne vous protège pas de la reconnaissance faciale

En quelques mois, les algorithmes ont fait d'importants progrès.

Si ce n'est pas la mesure qui fait couler le plus d'encre, l'une des propositions de la loi «sécurité globale» est d'intensifier les expérimentations liées à la reconnaissance faciale, notamment son emploi par la police dans l'espace public. Certains ont alors ironisé: finalement, porter un masque n'est peut-être pas une si mauvaise chose.

Seulement, nos masques ne nous protégeront pas longtemps. Selon une étude du National Institute of Standards and Technology (NIST), un organe du département du commerce américain, qui établit les normes industrielles, les algorithmes de reconnaissance faciale sont plus performants que prévu sur les visages masqués.

En juin pourtant, l'organisme affirmait qu'assez logiquement, une population masquée du menton jusqu'au-dessous des yeux rendait inefficaces les logiciels de surveillance.

D'après son étude, le taux d'erreur des 89 algorithmes commerciaux les plus performants grimpait entre 5 et 50% sur des sujets masqués. Par ailleurs, les masques noirs et portés correctement au-dessus du nez sont les plus efficaces.

La surveillance s'adapte rapidement

Les concepteurs se sont alors mis au travail afin que leurs algorithmes puissent rester efficaces malgré un nombre de données restreint.

Résultat, leurs logiciels s'améliorent rapidement. Une nouvelle étude du NIST rapporte que les meilleurs algorithmes parviennent désormais à faire baisser le taux d'échec à 5% en cas de masque couvrant 70% du visage. À titre de comparaison, le taux d'échec des meilleurs logiciels sur les personnes non-masquées est de 0,3%.

Ces résultats concernent les algorithmes présentés après le rapport publié en juin. Les logiciels préexistants restent assez mauvais. Même les plus compétitifs ne parviennent pas à identifier 10 à 40% des visages masqués.

L'institut ne fait qu'expérimenter les logiciels commerciaux qui lui sont soumis, il n'a donc à sa disposition que le produit fini. Il a tout de même conclu que les producteurs de ces programmes ont spécifiquement modifié leurs logiciels pour qu'ils s'adaptent à des sujets masqués.

Le NIST précise toutefois que, pour son expérience, les masques sont simulés en cachant numériquement la partie basse du visage, ce n'est donc pas «une simulation exhaustive des couleurs, design, formes, textures et manière de le porter qui sont sans fin».

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