Le premier prototype développé par Maxis Business Simulations est le jeu SimRefinery. | Capture d'écran via YouTube
Le premier prototype développé par Maxis Business Simulations est le jeu SimRefinery. | Capture d'écran via YouTube

Quand le concepteur de «SimCity» et des «Sims» simulait la vie pro

Simulation de raffinerie, de firmes de télécoms, de gestion militaire ou de système de santé, tout y est passé.

La société américaine Maxis a développé des jeux vidéo parmi les plus iconiques de l'histoire. Parmi eux, les Sims mais aussi SimCity, city-builder historique dont la formule a été déclinée sous toutes ses formes, de SimCopter à SimFarm en passant par SimAnts, où l'on administre une colonie de fourmis.

À sa sortie, le tout premier SimCity a connu un tel succès que de nombreuses entreprises ont souhaité l'adapter pour promouvoir leur marque ou, en interne, l'utiliser comme outil de formation, explique à Wired Will Wright, concepteur de jeux et cofondateur de Maxis. «Un certain nombre de sociétés nous ont contactés en disant: “Hé, c'est génial! Si vous pouvez faire une ville comme ça, nous voulons que vous fassiez SimPizzaHut ou SimQuoiquecesoit.”»

Après plusieurs refus, la société américaine décide finalement de se lancer et crée Maxis Business Simulations en 1992, une division chargée de créer des simulations corporate suivant les codes de son jeu phare SimCity.

Elle l'a fait pendant deux ans, jusqu'à sa fermeture en 1994. Presque rien de ce qu'elle avait développée n'avait été rendu public jusqu'à aujourd'hui.

SimTheOffice

Le premier prototype développé par Maxis Business Simulations est un jeu commandé par Chevron, l'une des plus importantes compagnies pétrolières américaines.

Cette dernière souhaitait mettre à disposition de ses employé·es un jeu simulant le fonctionnement de leur raffinerie. L'idée était de leur montrer une vue d'ensemble de l'usine et de tous les services de production, raconte Phil Salvador, un bibliothécaire et archiviste qui a réalisé une vaste enquête sur le sujet.

C'est ainsi que SimRefinery a été développé. Mélanges pétrochimiques et impacts sur les raffineries, son concept est encore peu compris, le jeu n'ayant pas été terminé. Un internaute anonyme du site Ars Technica a néanmoins réussi à mettre la main sur l'une de ses copies, dont le lien est disponible dans un article d'Obscuritory.

D'autres jeux –parfois de simples démonstrations interactives– ont été commandés à la petite firme: SimEnvironment, commissionné par l'Environmental Protection Agency, SimSite, une «simulation de fermeture de site militaire», TeleSim sur la compétition naissante entre les «Baby Bells» ou SimPower, commandée par la Pacific Gas & Electric Company et l'Electric Power Research Institute.

Après plusieurs tentatives infructueuses, la division Business Simulations de Maxis a fermé ses portes en 1994. À la demande de la Markle Foundation, un think tank américain, elle travaillait alors sur SimHealth, une simulation du système de santé américain conçue pour éveiller les consciences et faire bouger le débat public dans le pays.

Renommée Thinking Tools, la structure a été reprise et SimHealth, sous-titré «une simulation de démocratie et de société pour ordinateur», a pu voir le jour. Mais Thinking Tools ne connaîtra jamais de véritable succès et devra à son tour fermer boutique, mettant définitivement fin à l'aventure corporate de Maxis.

En ce moment

Un PowerPoint qui tue, la fusée géante de la NASA, l'astuce pour tromper les GAFAM, l'hebdo de korii.

Et Cætera

Un PowerPoint qui tue, la fusée géante de la NASA, l'astuce pour tromper les GAFAM, l'hebdo de korii.

Les dix meilleurs articles de la semaine, pour un dimanche sans une trace d'ennui.

Un polymère transforme vos déchets électroniques en or

Tech

Un polymère transforme vos déchets électroniques en or

Vos vieux ordis ou smartphones contiennent des trésors qui peuvent être extraits grâce à la chimie.

Grâce à ses batteries, le nouveau TGV japonais résiste aux séismes

Tech

Grâce à ses batteries, le nouveau TGV japonais résiste aux séismes

Le Shinkansen N700S -avec un «S» pour «suprême»- peut se déplacer même en cas de coupure de courant.