Le Met Office, le service national de météorologie du Royaume-Uni, va construire, en partenariat avec Microsoft, un superordinateur dédié à la météo. Le gouvernement britannique a annoncé qu'il investirait 1,2 milliard de livres sterling (1,39 milliards d'euros) dans le projet.
Avec une mise en marche prévue pour l'été 2022, la machine devrait entrer dans le top 25 des ordinateurs les plus puissants au monde. Il devrait aussi être le plus véloce de tous ceux dédiés au climat et à la météo.
Utilisant Azure, le service de cloud computing de Microsoft, la bête de 1,5 millions de cœurs devrait entièrement fonctionner grâce à des énergies renouvelables et pourra atteindre plus de 60 pétaflops, soit 6015 opérations en virgule flottante par seconde.
Le gouvernement britannique explique que «prédire les événements météorologiques sévères et les conséquences du changement climatique sera plus rapide et précis que jamais».
Le Met Office promet ainsi «des prédictions de chutes de pluie plus sophistiquées» qui permettront de mieux anticiper les inondations, ainsi que «de meilleures anticipations dans les aéroports» et «des informations plus détaillées pour le secteur de l'énergie».
Énergies renouvelables
Des prévisions météorologiques précises sont en effet très utiles pour optimiser l'utilisation des énergies renouvelables, particulièrement pour le photovoltaïque.
En toute logique, la production d'électricité des panneaux solaires ne fonctionne réellement que lorsqu'ils sont baignés de soleil. La nuit ou par temps nuageux, la production s'arrête et les foyers alimentés doivent s'appuyer sur une autre source d'énergie.
Au Royaume-Uni, c'est souvent une centrale à énergie fossile qui prend le relais. Mais ces centrales ne démarrent pas au quart de tour: elles nécessitent une période de démarrage, et sont plus efficaces lorsqu'elles tournent à plein régime. Cela pousse donc à surproduire en permanence afin d'encaisser les baisses soudaines d'énergie, et mitige donc les bénéfices du solaire.
Disposer de prévisions météo très précises permettrait donc d'anticiper beaucoup mieux les périodes de creux en cas de nuages, ou de manque de vent pour l'éolien, et d'optimiser l'usage des autres sources d'énergie.