Créer des logiciels sans savoir coder: une partie de l'avenir de l'informatique. | iAmMrRob via Pixabay
Créer des logiciels sans savoir coder: une partie de l'avenir de l'informatique. | iAmMrRob via Pixabay

Chez les géants de la tech, la bataille du «no-code»

Les services permettant de créer des logiciels sans coder ou en ne le faisant qu'a minima via le cloud explosent.

Lorsque New York a été touchée par le Covid-19, la mairie a créé un logiciel pour gérer la crise en l'espace de quelques jours seulement. Elle n'a pas eu besoin d'écrire une seule ligne de code, mais a fait appel à la start-up Unqork. Soutenue par des investisseurs comme Alphabet (Google) ou Blackrock, elle permet de développer un software en utilisant une interface simple, et sans coder.

Le secteur du no-code et du low-code fait l'objet d'une intense compétition entre les géants de la tech. Google Cloud a racheté cette année un autre acteur important du secteur, AppSheet. Ces entreprises changent la donne car elles peuvent diminuer drastiquement la durée et le coût de la création d'outils informatiques.

«Pendant des décennies, une centaine de personnes [...] passaient trois ans sur le produit afin de concevoir un logiciel pour le client final. Avec le no-code, une petite poignée de développeurs se réunit avec des [clients] et un logiciel final peut être produit en trois mois», explique Alex Schmelkin, directeur du marketing chez Unqork.

Si la plateforme de New York a été assemblée en trois jours, le délai moyen s'étend donc à plusieurs mois. Unqork est disponible sur les trois principales plateformes de cloud computing: Microsoft Azure, Google Cloud et Amazon Web Services, qui domine le marché.

Guerre des clouds

Microsoft prévoit que 500 millions de logiciels seront développés dans les cinq prochaines années, soit plus que l'ensemble des programmes informatiques crées depuis quarante ans. Quatre cent cinquante millions d'entre eux devront donc être créés à l'aide d'un outil no-code ou low-code, car il n'y a pas assez de professionnel·les sachant travailler assez vite dans ce domaine pour concevoir tant de programmes.

Le service de développement low-code de Microsoft, Power Apps, est son produit qui connaît la croissance la plus rapide. Il pourrait à terme représenter plus de 10 milliards de chiffre d'affaires pour l'entreprise.

Sur AppSheets, 1,8 millions de logiciels ont déjà été créés. Google Cloud intègre désormais AppSheets dans la G Suite (GMail, Docs, Drive, Calendar...), aux services de laquelle plus de 5 millions d'entreprises sont abonnées.

Amazon, malgré sa mainmise sur le marché du cloud, ne dispose pas encore d'une offre propre en matière de no-code ou de low-code. Il semble néanmoins qu'elle travaille à son développement. Toutefois, Unqork et AppSheets sont disponibles sur les principales plateformes de cloud, y compris Amazon Web Services.

La programmation à portée de main

Les États-Unis connaissent actuellement une pénurie d'un million de professionnel·les du code. Le no-code et le low-code peuvent constituer une solution: les salarié·es des entreprises peuvent être formé·es rapidement à cette nouvelle forme de programmation (de quelques semaines à trois mois), tandis que les personnes qui sont déjà pros de cette activité travailleraient sur les infrastructures des plateformes no-code et low-code dans le cloud.

Cela peut néanmoins aussi tourner au désastre: si chaque salarié·e qui programme le fait à sa façon, sans processus standardisé, une entreprise peut se retrouver avec des logiciels dysfonctionnels que de véritables informaticien·nes devront débugger.

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