Une vue d'artiste de la première des petites centrales modulaires prévues par NuScale. | NuScale
Une vue d'artiste de la première des petites centrales modulaires prévues par NuScale. | NuScale

La centrale nucléaire modulaire et ses mini-réacteurs ont du plomb dans l'aile

Plusieurs villes se sont retirées du projet de NuScale, malgré un design désormais approuvé par les autorités.

Le feu vert que NuScale vient d'obtenir pour son mini-réacteur nucléaire est qualifié par l'entreprise d'«historique». Après quatre ans d'attente, la start-up qui développe un réacteur à fission compact d'une puissance de 60 mégawatts (15 fois moins qu'un réacteur classique) vient enfin d'obtenir l'approbation de son design par la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC).

La décision de la NRC ouvre théoriquement le droit à une exploitation commerciale du projet. Il était temps: cette longue procédure administrative a coûté à l'entreprise, en plus des coûts liés au développement, la somme rondelette de 500 millions de dollars [424 millions d'euros].

Mais cet aboutissement est peut-être l'unique bonne nouvelle pour NuScale, qui a essuyé en parallèle une série de revers.

Les délais, d'abord, ne cessent de s'allonger. Le premier client probable de NuScale, Utah Associated Municipal Power Systems (UAMPS), a retardé les plans de construction de sa centrale, qui comprendrait une douzaine de réacteurs. Cette dernière est à présent prévue pour 2030, soit trois ans plus tard que prévu.

Les coûts ont eux aussi explosé: de 3,6 milliards de dollars en 2017, ils sont passés à 6,1 milliards aujourd'hui. À tel point que plusieurs villes qui s'étaient engagées à acheter l'électricité de la centrale se retirent à présent du projet, rapporte l'agence Reuters.

Défections en série

Les municipalités de Logan et Lehi, dans l'Utah, ont ainsi abandonné leur soutien à NuScale et une troisième envisage de les imiter «en raison des risques et d'un manque de bailleurs de fonds». Allen Johnson, le directeur du département de l'énergie de la ville de Bountiful, estime désormais à 50% les risques que le projet soit purement et simplement annulé.

Le revers est d'autant plus grand que les engagements des trente-cinq villes jusqu'ici liées au projet ne couvraient déjà largement pas la future production (200 mégawatts d'achat sur les 720 mégawatts produits).

Lehi explique d'ailleurs sa défection par le manque d'intérêt des autres villes et l'augmentation des coûts. «Les municipalités ne sont pas là pour jouer les investisseurs de capital-risque», s'énerve Rusty Cannon, le vice-président de l'Association des contribuables de l'Utah qui a poussé les villes à se retirer.

NuScale, qui n'a fait aucun commentaire sur le sujet, continue cependant d'affirmer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes: le surcoût serait simplement dû à la prise en compte du démantèlement et à l'augmentation des coûts de main-d'œuvre, de construction et des matériaux sur dix ans.

La start-up affirme même connaître «un regain d'intérêt» de la part des investisseurs depuis son approbation par la NRC. Mais le cœur n'y est plus. Fluor, la société à laquelle appartient NuScale, aurait elle-même réduit son investissement dans le projet et exclut désormais les dépenses de NuScale de ses prévisions financières, selon un expert en sécurité cité par Reuters.

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