Une armada sans trace. | Daniel Suen / AFP
Une armada sans trace. | Daniel Suen / AFP

Les «bateaux fantômes», nouvelle arme chinoise dans les eaux contestées

On me voit, on me voit plus.

La Chine ne manque pas de subterfuges pour s'imposer dans les eaux les plus disputées du monde. En mer de Chine méridionale et orientale, revendiquées par de nombreux pays voisins, la République populaire use par exemple d'une nouvelle tactique: elle autorise ses navires à éteindre leurs transpondeurs, les rendant intraçables. De véritables bateaux fantômes.

Ce genre de pratique a considérablement augmenté depuis le 1er novembre 2021 et la promulgation d'une «loi sur la protection des informations personnelles de la République populaire de Chine», rapporte The Drive.

Une loi justifiée alors en prétextant que les agences de renseignement étrangères utilisaient les données transmises par le système d'identification automatique de leurs navires, l'AIS, pour suivre les faits et gestes de la Chine. En réalité, éteindre l'AIS de leur flotte fait surtout partie d'une stratégie plus large de domination des mers.

Si le système AIS est obligatoire depuis 2004 par l'Organisation maritime internationale, certains navires peuvent en être exemptés par les nations –ce sur quoi joue apparemment la Chine. Les données transmises par l'AIS sont pourtant fondamentales. Identité du navire, type, position, cap ou encore vitesse, toutes ces données permettent de le localiser, et d'éviter, entre autres, les collisions.

Dans un communiqué du 18 février, la société commerciale de satellites Unseen Labs, spécialisée dans le suivi et l'identification des transmissions par radiofréquence (technologie sur laquelle s'appuie le système AIS) depuis l'espace, dresse un constat sans équivoque: plus de 60% des navires ne sont pas visibles des systèmes de surveillance traditionnels une fois qu'ils se rapprochent des côtes chinoises.

Milice de «navires sombres»

Pourquoi diable faire disparaître ses navires? Pour dissimuler ses activités, en premier lieu, mais pas seulement. Selon The Drive, ces bateaux fantômes seraient un atout en plus pour les milices maritimes du pays, d'apparence civile, des flottes de pêche par exemple, qui sont en réalité au service de la défense des intérêts chinois en mer.

Ces milices sont une arme redoutable pour Pékin. Elles se sont fait connaître ces dernières années en harcelant les pêcheurs philippins, en coupant la route des navires de guerre américains, ou même en se regroupant par dizaines devant certains récifs disputés pour faire pression sur les pays riverains, explique Le Monde.

Évidemment, ne pas être en mesure de suivre avec précision ces navires inquiète plusieurs pays, à commencer par les États-Unis, qui prennent le problème très au sérieux.

L'année dernière, le Département de la Défense des États-Unis a par exemple lancé un concours pour mettre au point de nouveaux outils modernes pour détecter et identifier ces fameux «vaisseaux sombres».

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