Des singes dans un laboratoire thaïlandais. | Mladen Antonov / AFP
Des singes dans un laboratoire thaïlandais. | Mladen Antonov / AFP

Le Neuralink d'Elon Musk accusé de «souffrances extrêmes» chez les singes testés

Une plainte a été déposée.

Alors que l'ex-cofondateur de l'entreprise Max Hodak a quitté le navire pour créer une concurrente qui pourrait lui couper l'herbe sous le pied, et bien que les scientifiques continuent à émettre de sérieux doutes quant à la faisabilité de son projet d'implant cérébral, Elon Musk l'affirme: Neuralink testera son interface homme-machine, une puce directement branchée dans le cerveau, dès 2022 sur des êtres humains.

On conseille néanmoins aux early adopters et fans transis de l'entrepreneur en série de patienter un peu avant de s'inscrire sur les listes d'attente. Selon une association américaine de défense du bien-être animal, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PCRM), les tests de la chose sur des singes de laboratoire ont été responsables de «souffrances extrêmes» pour les pauvres cobayes.

En cause, un sous-traitant de Neuralink, l'Université de Californie à Davis, qui dispose d'un laboratoire spécialisé dans les tests sur les primates. Selon Business Insider, le PCRM a obtenu 700 pages de documents relatifs à des tests sur vingt-trois primates, notamment des rapports vétérinaires ou des nécropsies, examen médical post-mortem.

Les documents en question servent de base à une plainte déposée début février auprès du département de l'Agriculture des États-Unis, instance américaine chargée des questions de respect du bien-être animal. Celle-ci fait état de «souffrances extrêmes résultant de traitements inadéquats des animaux et de la nature hautement invasive des implants cérébraux expérimentaux durant les tests».

Implant simple

Sont particulièrement mises en cause la surveillance quotidienne des animaux, semble-t-il défaillante, tout comme l'attention portée à leur douleur ainsi qu'à leur stress, et la présence intermittente d'un vétérinaire destiné à gérer les anesthésies.

Dans les exemples utilisés par le PCRM dans sa plainte, il manquait à l'un des singes testés par le laboratoire de l'UC Davis des doigts et des orteils, «possiblement du fait d'une automutilation ou d'un autre traumatisme non spécifié».

Bref, le PCRM décrit un véritable enfer animal, auquel seuls sept primates ont finalement survécu avant d'être transférés dans les installations de Neuralink, qui a coupé les ponts avec l'université en 2020. Sept survivants sur vingt-trois animaux lors d'une campagne de tests n'étant pas supposée impliquer le décès des cobayes: il y a de quoi être choqué et inquiet.

Stimuler les cerveaux pour traiter la démence, guérir Parkinson, redonner des sensations à quiconque a la colonne vertébrale brisée puis, à l'avenir, créer une «super-cognition»: on ne fait pas d'omelette sans martyriser et briser des vies, se disent peut-être les équipes de Neuralink.

En 2020, elles présentaient déjà Gertrude, une truie dotée d'un implant permettant de monitorer son activité cérébrale. Un an plus tard en 2021, la start-up présentait un singe jouant à Pong par la pensée grâce à l'une de ses puces cérébrales: avant d'être doté de ce pouvoir lui étant parfaitement inutile, celui-ci avait peut-être vécu l'enfer.

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