Autonome et annoncé pour le printemps, l'Oculus Quest est le cheval de Troie de Facebook pour tenter d'élargir l'accès à la réalité virtuelle. | Riagan McMahon / Oculus
Autonome et annoncé pour le printemps, l'Oculus Quest est le cheval de Troie de Facebook pour tenter d'élargir l'accès à la réalité virtuelle. | Riagan McMahon / Oculus

Nouveaux produits, nouveaux marchés: comment Facebook prépare l'avenir

Alors que se déroule sa conférence annuelle, voici quelques pistes explorées par Mark Zuckerberg pour repenser la stratégie contestée de sa plateforme.

Avec plus de deux milliards d'utilisateurs·trices à travers le monde et une valeur en bourse estimée à 500 milliards de dollars, Facebook est l'une des entreprises les plus influentes du monde. Mais depuis deux ans, son image a pris un sacré coup, notamment à cause du scandale de Cambridge Analytica et des critiques sur sa politique de confidentialité.

Avec la fusion annoncée des messageries de WhatsApp, Instagram et Messenger (toutes propriétés de Facebook), le réseau social avait annoncé vouloir délaisser son fil d'actualité et les discussions publiques pour se recentrer sur la messagerie privée chiffrée et la sphère privée.

Paradoxalement, c'est en demandant à ses utilisateurs et utilisatrices avec qui ils et elles aimeraient nouer une relation amoureuse, et sans doute plus si affinités, que Zuck & co. accompagnent cette promesse de recentrage sur la protection des données privées. Facebook a ainsi annoncé le lancement d'un étrange Tinder-maison, nommé Secret Crush et intégré à Facebook Dating, service testé dans quelques pays et dont la cible devrait s'élargir dans les prochains mois.

Outre cette nouvelle orientation, mise pour l'instant en pratique par une importante refonte graphique et un profond redesign, Facebook continue de travailler sur la domotique et les objets connectés avec les écrans Portal, son cousin Ripley et le projet nommé Sequoia en interne –encore en développement, ce dernier pourrait, entre autres choses, permettre de projeter un jeu de société virtuel sur la table de votre salon ou des images sur des objets.

«Il faut détruire Carthage»

Recentrer et développer ses activités devraient permettre à Facebook de faire face à une concurrence de plus en plus rude. En tête, Google avec qui la compétition, à en croire des cadres de Facebook, tourne parfois à l'obsession chez son fondateur.

D'après l'ancien directeur de la publicité Antonio García Martínez, au lancement de Google+ en 2011, Zuckerberg aurait fait parvenir un message on ne peut plus lapidaire à l'entreprise: «Carthago delenda est» («Il faut détruire Carthage»), allusion à la volonté de la Rome antique d'exterminer les rebelles de sa province nord-africaine.

Paranoïa ou pas, l'entreprise de Zuckerberg est encore dépendante de Google et d'Apple puisque ses utilisateurs·trices sont obligé·es de se rendre sur l'App Store ou Google Play pour télécharger l'application. Si pour une raison ou une autre Google et Apple décidaient de ne plus distribuer Facebook, celui-ci lancerait alors le projet Oxygen dont on sait peu de choses –si ce n'est qu'il doit permettre de télécharger l'application depuis un navigateur web.

Le gros chantier de la réalité augmentée

Pour garantir son indépendance, Facebook s'attèle à la création de son propre appareil de téléphonie. En 2014, Zuckerberg a racheté Oculus, une entreprise de réalité virtuelle. Il déclarait alors vouloir se concentrer sur le développement de «l'après-téléphonie mobile». Après le lancement de l'Oculus Go, la marque prépare le lancement de deux nouveaux produits, l'Oculus Rift S pour les «power users» ainsi que le très attendu Oculus Quest, qui promet d'ouvrir à un peu plus de monde l'univers de la VR.

Pour être certain de ne manquer aucun train, Facebook travaille également depuis quelque temps sur son projet de lunettes à réalité augmentée. L'appareil aurait la capacité de reconnaître instantanément les gens autour de vous et de vous présenter leur profil Facebook.

Rêve ou cauchemar, Zuckerberg va encore plus loin en évoquant l'idée qu'un jour nous serons capables d'écrire et d'envoyer des messages par le seul biais de notre pensée. Il ne s'est pourtant pas aventuré à donner une date de commercialisation et le projet relève pour l'heure de la pure science-fiction.

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