Un sous-marin chinois de classe Jin. | Mark Schiefelbein / POOL / AFP
Un sous-marin chinois de classe Jin. | Mark Schiefelbein / POOL / AFP

Les nouveaux sous-marins et missiles chinois pourraient frapper les États-Unis depuis leurs ports

Le Pentagone va devoir tout revoir.

Comme le rappelle The Drive, il n'est un mystère pour personne que la Chine de Xi Jinping a, ces dernières années, très nettement accéléré le développement et la cadence de son industrie militaire pour tenter de rattraper son retard sur ses rivaux, notamment les États-Unis, voire les dépasser en puissance brute comme en niveau technologique.

L'empire du Milieu développe simultanément un nombre incalculable d'armes terrestres, marines, aériennes voire spatiales, de missiles et de capacités de recherche lui permettant de donner quelques sueurs froides au Pentagone.

Ce dernier, qui a tout intérêt à appuyer sur le thème du péril chinois pour négocier ses budgets, a pointé, dans un récent rapport au Congrès, l'ensemble des menaces que le pays risquerait de mettre à exécution. La Défense américaine s'est attardée sur l'une d'entre elles: le plan du nucléaire militaire, que la Chine a décidé de renforcer dans les plus brefs délais.

On se souvient par exemple de la révélation, au début de l'été, de la construction de plus d'une centaine de silos dans son désert de l'ouest. Un peu plus tôt dans l'année, ce sont deux centrales expérimentales qui inquiétaient les observateurs.

Elles pourraient peut-être permettre à la Chine d'augmenter rapidement le nombre –encore faible comparé aux hyperpuissances que sont la Russie et les États-Unis– de têtes nucléaires à sa disposition. D'ici 2030, le nombre de 1.000 de ces projectiles atomiques pourrait être atteint.

Plus récemment, le tour du globe qu'aurait effectué un nouveau type de missile hypersonique à capacité nucléaire, dont la Chine conteste le caractère militaire, a été qualifié de «moment Spoutnik» par les pontes militaires américains.

Mais le rapport rendu public par le Pentagone pointe désormais une nouvelle menace, venue des profondeurs. Les nouveaux sous-marins lanceurs d'engins de classe Jin, que la Chine développe à vitesse grand V, associés à des missiles balistiques de nouvelle génération, nommés JL-3, pourraient considérablement augmenter sa force de dissuasion nucléaire.

Et ce, pour une raison simple: les JL-3 devraient avoir une portée beaucoup plus longue (il est question de 12.000 kilomètres) que leurs prédécesseurs, les JL-2. Une distance suffisante pour que ces lanceurs dirigent leurs tirs vers le sol américain depuis la mer de Chine ou le golfe de Bohai, explique le Pentagone. Ce golfe est une enclave maritime située dans le territoire nationale chinois.

Dissuader sans bouger

«Alors que la République populaire de Chine conçoit des missiles plus récents, plus sophistiqués et dotés d'une plus longue portée, comme les JL-3, la Marine de l’Armée populaire de libération gagnera la possibilité de frapper le continent américain depuis ses propres côtes, et pourrait donc en faire des bastions pour augmenter la capacité de survie de sa dissuasion maritime.»

Si cette capacité nouvelle n'est qu'une pièce de l'immense puzzle qu'est l'organisation militaire –et nucléaire– chinoise, elle constitue un casse-tête supplémentaire pour les puissances rivales. De tels «bastions» sont, par nature, plus difficile à atteindre militairement, voire à surveiller lorsque la situation n'est pas encore sous tension.

En cas de conflit nucléaire, le délai entre la décision et le tir est réduit à néant, puisque le sous-marin n'a pas à s'approcher du territoire visé –dans le meilleur des cas, il peut même tirer ses projectiles depuis son port d'attache.

Pour les puissances ennemies tentées par une frappe nucléaire, cela change radicalement la donne, car la réponse est plus immédiate et plus difficile à contrer ou à prévenir. Une partie de la doctrine des stratèges américains en la matière pourrait être à revoir, et les tensions atomiques pourraient trouver de nouveaux équilibres.

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