Chère, très chère centrale. | Martti Kainulainen / Lehtikuva / AFP
Chère, très chère centrale. | Martti Kainulainen / Lehtikuva / AFP

Après seize ans de travaux, le bout du tunnel pour l'EPR finlandais?

Un long calvaire pour Areva.

Lorsque le chantier de la centrale nucléaire d'Olkiluoto a été lancé en 2005, ce devait être la tête de pont de l'EPR français, un réacteur présenté comme révolutionnaire par Areva.

Ce réacteur de troisième génération était censé entrer en service en 2009 et la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, se félicitait de la «renaissance du nucléaire» grâce au «meilleur de la technologie européenne», Areva étant alors associée à l'Allemand Siemens. Olkiluoto devait également aider le groupe à décrocher d'importants contrats aux États-Unis et en Chine.

Seize ans plus tard, avec douze ans de retard sur le calendrier et une facture trois fois supérieure au contrat initial (3,2 milliards d'euros), le combustible vient enfin d'être chargé dans le réacteur n°3, ce qui va permettre le démarrage de la centrale –après une phase d'essais de quelques mois.

C'est la fin d'un énorme fiasco industriel et financier. Le chantier n'a cessé d'accumuler les déboires techniques: dalle de béton trop poreuse, microfissures sur les tuyaux, soudures défectueuses, fuite au niveau des vannes...

Les affaires s'enveniment entre l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection finlandaise (STUK) et Areva, la première accusant la seconde d'incompétence technique tandis qu'Areva se plaint de lenteurs administratives, réclamant 3,52 milliards d'euros de compensation à l'opérateur TVO.

En retour, TVO exige 2,6 milliards d'euros pour le retard du chantier. Les pénalités devraient finalement s'élever à 400 millions d'euros pour Areva, indiquent Les Echos.

Péril en la demeure

Cette affaire a mis en péril toute l'entreprise. Areva, rebaptisée Orano, s'est débarrassée de ses dettes colossales en se mettant sous une holding nommée Areva SA, servant de structure de défaillance et chargée uniquement de l'achèvement des travaux d'Olkiluoto.

En décembre 2020, l'État français a une nouvelle fois dû venir à sa rescousse en validant l'injection de 600 millions d'euros au capital d'Orano. Une mesure d'urgence absolue, la cessation de paiement menaçant d'intervenir dès avril 2021 selon Le Canard enchaîné.

Mais cela sera loin d'être suffisant. «Outre les pénalités, le chantier coûte encore une trentaine de millions par mois à Areva et le groupe fait face à d'importantes échéances sur sa dette bancaire l'an prochain», alertent Les Echos.

L'introduction en bourse d'Orano, dont Areva détient 40%, aurait pu permettre de renflouer les comptes, mais l'État semble réticent. «Orano, ce n'est pas la FDJ. C'est vraiment une activité risquée. L'État a autre chose à faire», ironise ainsi une source citée par BFMTV.

La mise en service en 2022 d'Olkiluoto constitue cependant un petit espoir pour l'EPR de Flamanville, dans la Manche, lui aussi englué dans les retards et les hausses de coût vertigineuses (de 3,3 milliards à 12,4 milliards d'euros).

Deux EPR sont entrés en service à Taishan, en Chine, et deux autres sont en construction à Hinkley Point, en Angleterre. Un bien maigre bilan pour un réacteur présenté comme la technologie du futur il y a 25 ans.

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