Les ravages de la guerre ne sont pas toujours maîtrisés par ceux qui les causent. | Satellite image ©2022 Maxar Technologies / AFP
Les ravages de la guerre ne sont pas toujours maîtrisés par ceux qui les causent. | Satellite image ©2022 Maxar Technologies / AFP

Le patron de l'AIEA se dit «sérieusement inquiet» pour les centrales nucléaires ukrainiennes

Une première historique et quelques sueurs très froides.

Au premier jour de la guerre initiée en Ukraine par la Russie, les troupes du Kremlin s'emparaient de Tchernobyl et de la zone d'exclusion l'entourant, lieu hautement symbolique, pour l'ensemble du monde, des risques inhérents au nucléaire.

Le personnel chargé de surveiller les installations était pris en otage, et incapable de procéder aux rotations de personnel habituelles et impératives pour des métiers d'une telle importance sécuritaire et il était annoncé par les autorités ukrainiennes une hausse de la radioactivité dans les environs de la centrale de sinistre mémoire.

Mercredi 2 mars, rebelote, d'une certaine manière: les forces russes affirmaient avoir pris le contrôle des installations de Zaporizhzhia (ou Zaporijjia), un peu à l'ouest du Donbass, qui avec six réacteurs WWER de 1.000 MW chacun n'est pas seulement la plus grande centrale nucléaire ukrainienne mais d'Europe.

Des centrales atomiques au beau milieu d'un territoire en guerre, où les missiles et les bombes pleuvent sans discontinuer, où les forces d'invasion ont déjà montré un impressionnant degré d'impréparation voire d'incompétence: de quoi faire monter la pression du côté des instances internationales chargées de surveiller la situation.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA), Rafael Mariano Grossi, s'est ainsi déclaré «sérieusement inquiet» de ce qui se déroule sur le sol ukrainien. «La situation est sans précédent. C'est la première fois qu'un conflit militaire se déroule au beau milieu d'un pays au programme nucléaire important et établi», a-t-il déclaré.

Le responsable a expliqué que ses équipes étaient en lien permanent avec les équipes chargées des opérations à Zaporijjia et que les taux de radiation étaient «normaux». Mais comme l'explique Motherboard, il s'est empressé de préciser que le terme «normal», en l'occurrence, ne saurait être plus inadéquat.

«Il n'y a rien de normal dans les conditions de travail imposées aux équipes qui surveillent les quatre centrales nucléaires ukrainiennes, qui réussissent à les faire fonctionner et à fournir la moitié de l'électricité du pays», a-t-il ainsi déclaré.

Penser l'impensable

Car si le risque d'un missile fou touchant par mégarde des installations nucléaires semble plutôt faible, sans pour autant être tout à fait nul, il existe de multiples autres situations pouvant provoquer une catastrophe d'ampleur cataclysmique, ainsi que l'explique Wired.

La principale difficulté réside dans le niveau très élevé de surveillance et de maintenance qu'exigent ces vieillissantes centrales nucléaires et ce total de quinze réacteurs, et que les conditions d'une guerre pourraient ne pas permettre de remplir.

Se basant notamment sur les analyses de James Acton du think tank Carnegie Nuclear Policy, Wired explique notamment que les centrales elles-mêmes ont besoin d'électricité pour faire fonctionner leurs systèmes de refroidissement.

Or, une attaque physique volontaire ou accidentelle sur certains nœuds de la grille électrique ukrainienne, voire des opérations cyber comme les Russes en ont déjà menées et continuent à le faire, pourraient plonger les centrales du pays dans le noir, et dépendante uniquement de leurs générateurs de secours –la catastrophe de Fukushima a tristement démontré que ces derniers ne sont pas infaillibles.

D'autres problèmes peuvent se présenter, notamment concernant le stockage des déchets et l'approvisionnement des centrales en combustibles. En outre, les perturbations logiques qu'une guerre impose aux rotations des personnels, souvent ultra-spécialisés, travaillant à la sécurité et à la maintenance des centrales atomiques ukrainiennes pourraient également se révéler hautement problématiques.

En temps de guerre, «l'inimaginable devient concevable», écrit James Acton: espérons que le pire n'est pas encore à venir.

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