Un bombardier B-52, le 5 avril 1990 à Los Angeles. | Wade Byers / AFP

Un bombardier B-52, le 5 avril 1990 à Los Angeles. | Wade Byers / AFP

Les océans regorgent d'armes atomiques

Pendant la Guerre froide, pas une année ne passait sans qu'une tête nucléaire ne disparaisse.

Les armes nucléaires sont sans doute les engins les plus étroitement surveillés au monde. Et pourtant, pendant des années, les États-Unis comme l'Union soviétique n'ont pas arrêté d'en égarer.

Durant la Guerre froide, chacune des deux superpuissances tenait à tout prix à ne pas voir son adversaire prendre l'ascendant militaire, ce qui impliquait notamment de construire le plus d'armes de destruction massive possible.

Or, au total, pas moins d'une cinquantaine de bombes nucléaires, entières ou pas, auraient disparu pendant ces années de grandes tensions géopolitiques. Pour la plupart, elles reposent au fond des océans, enfermées dans les épaves des navires qui les transportaient.

L'URSS a perdu au moins quatre sous-marins équipés d'armes atomiques. En 1968, le K-129 équipé de torpilles et de missiles balistiques nucléaires a disparu dans le Pacifique, avec son équipage de quatre-vingt-dix-huit marins.

Deux ans plus tard, c'est le K8 qui a coulé au fond du golfe de Gascogne, puis le K-219 dans les années 1980 à proximité des Bermudes. Rebelote en 1989 lorsqu'un incendie à bord a coulé le K-278 au large des côtes norvégiennes.

Aux États-Unis, la plupart des «broken arrows» (le nom de code du Pentagone pour ce type d'incident) impliquent des avions. En effet, de 1958 à 1968, dans le cadre de l'opération Chrome Dome, le pays disposait continuellement de douze bombardiers nucléaires B-52 dans les airs, aux frontières de l'URSS. Avec un planning si intense, les accidents finissaient forcément par arriver.

Catastrophes évitées

En 1968, un B-52 s'est par exemple écrasé au Groenland. En 2008, une enquête de la BBC affirmait que l'une des quatre bombes nucléaires qu'il contenait était toujours piégée dans la glace. Le gouvernement danois dément et affirme que c'est un disque d'uranium qui manque à l'appel.

Crash d'un B-47 au large de la Géorgie pendant un exercice, d'un B-36 en Colombie-Britannique, d'un B-47-E en Méditerranée... Les avions américains disparus avec une ou plusieurs têtes nucléaires à bord sont trop nombreux pour être tous listés. En 1965, un chasseur armé d'une bombe à hydrogène est même passé par-dessus bord alors qu'il était sur un porte-avion.

La palme revient tout de même certainement à une bombe tombée d'un B-52 en détresse survolant un champ en Caroline du Nord. L'arme, qui est passée à un cheveu d'une explosion thermonucléaire 260 fois plus puissante que celle d'Hiroshima, a été partiellement récupérée. Son noyau secondaire n'a en revanche pas été retrouvé, et des vaches paissent peut-être encore aujourd'hui à quelques dizaines de mètres au-dessus d'un bout de bombe H.

Par miracle, et grâce à des mécanismes de sécurité performants, aucun de ces incidents n'a abouti à une explosion nucléaire. Mais quid d'éventuelles récupérations de ces engins de mort massive?

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