Dès 2013, le X-47B réussissait son premier apontage: les progrès sont fulgurants. | JIM WATSON / AFP
Dès 2013, le X-47B réussissait son premier apontage: les progrès sont fulgurants. | JIM WATSON / AFP

Le Pentagone va opposer un pilotage humain à une IA dans un combat aérien

L'avenir de la guerre se jouera peut-être en 2021.

Ce ne sont certes que les prémices d'un futur qu'il est encore difficile de dessiner. C'est pourtant un pas important dans la direction que pourraient prendre les affaires militaires dans les prochaines décennies, quand des machines autonomes se mêleront aux batailles humaines.

Par la voix du lieutenant général Jack Shanahan, à la tête du Joint Artificial Intelligence Center, le Pentagone a annoncé ce qu'il décrit comme «une idée très, très audacieuse»: dès 2021, il souhaite tester les compétences guerrières d'une intelligence artificielle lors d'une «sorte de combat aérien» entre un avion piloté par un être humain et un avion de chasse pleinement autonome.

Depuis plus de deux décennies, les nations et industriels de l'aéronautique sont entrés dans une course effrénée à ces systèmes d'armes automatisés ou appuyés par des IA, avec des degrés divers d'intervention humaine dans le processus.

Boeing a récemment présenté son Loyal Wingman pour l'armée de l'air australienne, l'Europe travaille sur un système interconnecté nommé SCAF (Système de combat aérien du futur), Dassault sur le nEUROn, Northrop Grumman fait voler son prototype X-47B depuis des années, Kratos propose son XQ-58 Valkyrie, la Chine réplique avec son Hongdu GJ-11.

Man vs Machine

Si tous ces engins savent déjà ou sauront vite voler, leur aisance en combat aérien autonome, en particulier contre des pilotes aux réflexes et tactiques tout à fait humaines, reste à tester et analyser. La manière même de mener ces combats entre chasseurs ennemis pourrait prendre des formes encore inédites.

«Peut-être ne devrions-nous pas imaginer des avions d'une envergure de 20 mètres, mais de petits essaims de drones autonomes», a ainsi expliqué le lieutenant général Shanahan à Air Force Magazine, repris par la BBC.

Capables de submerger les défenses ennemies, ces essaims pourraient être lancés en autonomie complète ou, comme le Loyal Wingman de Boeing Australia, plus ou moins dirigés à distance par un superviseur ou une équipière humaine.

C'est pour accélérer ces recherches sur les intelligences artificielles aéronautiques et leur articulation avec la pensée humaine que le Pentagone a annoncé en 2019 le bien nommé programme Skyborg.

Quant à la Darpa, son agence de recherche, elle s'intéresse de près aux cerveaux des gamers, dont les grandes compétences en matière de tactique en temps réel pourraient aider les IA à mieux gérer ces essaims de drones autonomes.

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