David Brown, Rick Husband, Laurel Clark, Kalpana Chawla, Michael Anderson, William McCool et Ilan Ramon, décédé·es lors du crash de Columbia. | NASA via Wikipedia
David Brown, Rick Husband, Laurel Clark, Kalpana Chawla, Michael Anderson, William McCool et Ilan Ramon, décédé·es lors du crash de Columbia. | NASA via Wikipedia

La présentation PowerPoint qui a tué sept personnes

Le crash de la navette spatiale Columbia en 2003 a peut-être été causé par des slides trompeurs.

16 janvier 2003. La mission STS-107 de la NASA est en cours. La navette spatiale Columbia est lancée, transportant son équipage de sept personnes en orbite basse. Le lancement s'est déroulé normalement. L'équipage doit passer seize jours en orbite et réaliser quatre-vingts expériences, relate Noteworthy.

Problème, quatre-vingt deux secondes après le lancement, un morceau de mousse isolante s'est décroché d'un réservoir externe de la navette avant d'entrer en collision avec l'une des tuiles du bord extérieur de l'aile gauche, alors que l'équipage s'élevait à une vitesse de 2.523 km/h.

Tant qu'elle restait dans l'espace, la navette était en sécurité. En revanche, on ignorait comment elle allait réagir au moment où elle rentrerait à nouveau dans l'atmosphère. Les responsables de la NASA ont consulté les ingénieur·es de Boeing Corporation, qui leur ont présenté trois rapports, soit 28 slides au total, en se fondant sur une étude réalisée avec une mousse 600 fois plus petite que celle qui avait frappé la navette Columbia.

La NASA a estimé qu'il n'y avait pas assez de dégâts pour que la vie de l'équipage encoure un danger. Ses responsables ont rejeté les autres options et ont poursuivi la procédure normale de retour dans l'atmosphère terrestre de Columbia .

À 9h12 le 1er février 2003, alors que la navette aurait dû s'approcher de la piste, Columbia se désintègre, tuant les sept membres de son équipage.

Présentation confuse

Edward Tufte, professeur à l'université de Yale et expert en communication, a passé en revue le diaporama que les ingénieur·es de Boeing avaient montré à leurs homologues de la NASA. Ses conclusions sont accablantes.

Premièrement, la diapositive portait un titre trompeur et rassurant, affirmant que les données des tests indiquaient que l'aile était capable de résister à la frappe de la mousse. La présence du titre, centré et dans la plus grande police de caractères, a induit tout le monde en erreur.

Ensuite, la diapositive contenait quatre points différents, sans explication quant à leur signification. L'interprétation est laissée à la discrétion de la personne qui la lit; au total, six niveaux de lecture ont été créés avec les puces et les tirets.

Troisièmement, une énorme quantité de texte est présentée –plus de 100 mots ou chiffres sur un écran. Deux mots, “SOFI” et “rampe”, signifient la même chose: la mousse. Des termes vagues sont utilisés. “Suffisant” est utilisé une fois, “significatif” cinq fois, avec peu ou pas de données quantifiables. Qu'est-ce qui est significatif? S'agit-il d'une signification statistique, ou d'autre chose?

Enfin, le fait le plus important, l'impact de la mousse s'est produit à un moment où les conditions de test n'étaient pas réunies et il est dissimulé tout en bas d'un slide. Pensez à Columbia pour votre prochaine présentation PowerPoint: elle pourrait, littéralement, être mortelle.

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