Donald Trump, le 1er Novembre 2020. | Brendan Smialowski / AFP
Donald Trump, le 1er Novembre 2020. | Brendan Smialowski / AFP

Derrière les élections américaines, le marché à hauts risques des résultats anticipés

Une course aux analyses où la moindre erreur peut mettre la démocratie en danger.

Lors de chaque élection, en France, le schéma est toujours le même. À 20 heures, les instituts de sondage ont rassemblé un panel de bulletins suffisamment important pour que les médias puissent annoncer le camp victorieux.

Cela est bien plus complexe aux États-Unis. Il faut prendre en compte le système des grands électeurs, les votes en avance, les scrutins qui se déroulent en même temps, etc. Si bien que les résultats, et pas seulement ceux de l'élection présidentielle, sont égrainés tout au long de la nuit.

Lors de la soirée électorale, les médias tranchent État par État, en faveur d'un candidat ou de l'autre. Ils s'appuient sur les résultats d'un institut externe; CNN utilise par exemple les données de Edison Research, Fox News, celles de l'Associated Press.

Certaines de ces entreprises sont de vénérables institutions tandis que d'autres sont de jeunes start-up, comme Decision Desk HQ, qui fournira les résultats à The Economist, Vox et Buzzfeed.

Si les téléspectateurs et téléspectatrices ont le choix entre une myriade de médias, seule une poignée d'entreprises fournit les scores. Pour ces dernières, la compétition est rude et l'enjeu d'importance: parvenir à trancher un résultat avant les autres offre un avantage crucial à sa clientèle.

High risk, high reward

La récompense est grande, mais le coût d'une erreur est désastreux. «On ne choisit pas un portefeuille qui pourra faire gagner quelques milliers ou millions de dollars à nos clients, on donne les résultats d'élections qui déchaînent les passions», explique à Fast Company le directeur de la call team de DDHQ.

Pas question donc de prendre des risques: DDHQ affirme qu'aucun résultat n'est tranché tant que les chances de se tromper ne s'approchent pas de zéro. Pour aller plus vite que la concurrence, chacun sa méthode. DDHQ dispose d'un algorithme maison, qui lui permet de récupérer toutes les données des sites où les comtés postent leurs résultats. Dans les comtés non-informatisés, les résultats sont postés à la main sur une app dédiée.

Toutes ces données arrivent sur les ordinateurs de DDHQ qui les nettoient puis les disposent dans des centaines de tableurs. Ces derniers permettent alors de calculer les résultats.

Il est nécessaire de prendre en compte les votes par correspondance, qui sont comptabilisés dans un second temps. Or, cette année, ils battent des records. Pour les comptabiliser virtuellement, les différents instituts mettent en place des modèles algorithmiques qui s'appuient sur les sondages, les données démographiques, etc.

Lorsque cette course contre la montre et ces savants calculs finissent par déboucher sur un résultat, une équipe de trois personnes doit s'accorder sur le fait que l'issue du scrutin est à 99% certaine.

Si l'une de ces trois personnes émet un doute, le triumvirat passe au scrutin suivant. En revanche, quand elles finissent par tomber d'accord, les médias clients peuvent annoncer le gagnant à leurs audiences. En espérant ne pas se tromper.

En ce moment

Avec le Covid-19, le Black Friday est devenu un jour comme un autre

Biz

Avec le Covid-19, le Black Friday est devenu un jour comme un autre

Aux États-Unis, les promotions de fin novembre sont bien moins agitées que d'habitude.

Acheter une carte graphique dernière génération? Mission impossible!

Tech

Acheter une carte graphique dernière génération? Mission impossible!

Les magasins sont pris d'assaut à cause d'une pénurie.

La guerre des lobbies du «low carb»

Biz

La guerre des lobbies du «low carb»

Les partisans des régimes pauvres en glucides tentent d'influencer les normes nutritionnelles qui doivent être revues prochainement.