On peut raisonnablement placer un peu d'espoir dans la technologie pourtant discrète des batteries aluminium-air. | Robin Glauser via Unsplash
On peut raisonnablement placer un peu d'espoir dans la technologie pourtant discrète des batteries aluminium-air. | Robin Glauser via Unsplash

Les promesses miraculeuses des batteries aluminium-air

En misant sur le lithium-ion, la course au tout-électrique se concentre peut-être à tort sur la mauvaise technologie.

Dans un monde essayant mollement de réduire ses émissions de dioxyde de carbone, l'électrique représente l'avenir proche. Les industriels ont, pour l'instant, largement parié sur la technologie lithium-ion pour alimenter un marché à la croissance faramineuse: de votre brosse à dents électrique à votre iPhone, de votre vélo électrique à la Tesla de vos rêves, le li-ion est partout.

Bénéficiant d'une politique d'investissements très agressive et de grands gisements de métaux rares, la Chine a pris une avance considérable sur ce marché de l'or blanc.

Elon Musk et Tesla parient sur la multiplication des Gigafactories pour s'assurer un approvisionnement suffisant en précieuses cellules électriques, l'Europe se met également en branle pour créer une industrie aux reins suffisamment solides pour alimenter le virage vers l'électrique, notamment en automobile.

Le li-ion est mort ce soir

La technologie n'est pourtant pas sans poser de problèmes. Malgré quelques progrès, les batteries li-ion sont notoirement difficiles à recycler.

L'exploitation des mines de lithium et l'extraction des métaux rares nécessaires à la fabrication des cellules sont également coûteuses pour l'environnement, et la forte demande pourrait mener à une explosion des prix ou à des approvisionnements incertains.

Sur un plan purement pratique, et pour ne parler que du cas automobile, le glissement vers l'électrique et les batteries lithium-ion nécessite d'importantes infrastructures. Dans la plupart, le rechargement des véhicules reste long et leur autonomie plutôt faible.

Malgré l'alignement mondial de l'industrie vers le lithium-ion, chercher une alternative à la technologie semble donc être une idée porteuse.

Comme le rapporte TechCrunch, c'est ce que fait depuis des années Trevor Jackson, vétéran de la marine britannique. C'est du côté des batteries aluminium-air que l'ingénieur cherche une solution.

La technologie n'est pas neuve, mais sa commercialisation à grande échelle s'est longtemps heurtée à des complexités techniques liées à l'électrolyte utilisé. Trevor Jackson a fini par trouver une solution au début des années 2000 –il se bat depuis pour faire vivre, sur un plan industriel, ses trouvailles.

TechCrunch précise les nombreux avantages, presque miraculeux, de la technologie aluminium-air. L'aluminium, contrairement au lithium, est un métal extrêmement commun –si commun qu'il est le troisième élément le plus abondant sur Terre, après l'oxygène et le silicium. Coûteuse sur le plan énergétique, la production d'aluminium peut désormais se faire avec une empreinte moindre en CO2.

2.400 kilomètres par batterie

En pratique, ça donne quoi? À en croire Jackson, la technologie aluminium-air et sa haute densité énergétique permettraient de faire rouler une voiture pendant plus de 2.400 kilomètres, sans émission de CO2 et avec un coût annoncé très faible (0,09 euro au kilomètre).

Les batteries elles-mêmes seraient très abordables, avec un prix de 90 euros par kWh –ce que les unités li-ion actuelles n'atteindront que d'ici cinq ans.

Et le rechargement? Il n'y en a pas: le système envisagé est celui d'un remplacement de la batterie vide par une pleine, en 90 secondes seulement, la cellule usagée étant redirigée vers un réseau de valorisation. Le seul déchet produit par ce type d'accumulateur est l'hydroxyde d'aluminium, qui peut aisément être intégrée dans le circuit de recyclage.

Avec de telles promesses, validées de multiples fois comme l'explique TechCrunch, difficile de ne pas placer un brin d'espoir dans cette technologie.

Comme d'autres, la start-up israélienne Phinergy notamment, Jackson continue sans grand succès de chercher des fonds pour développer les activités de son entreprise, Métalectrique: le futur, et une possible crise du lithium, pourraient en faire un visionnaire.

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