Summit, le monstre de calcul équippant le Oak Ridge National Laboratory du département de l'Énergie américain. | Oak Ridge National Laboratory via Flickr
Summit, le monstre de calcul équippant le Oak Ridge National Laboratory du département de l'Énergie américain. | Oak Ridge National Laboratory via Flickr

Un superordinateur propose 77 molécules contre le Covid-19

Pour accélérer la recherche, les États-Unis mutualisent la puissance de calcul de leurs monstres informatiques.

Conçu par IBM et hébergé par le Oak Ridge National Laboratory dans le Tennessee, Summit est le superordinateur le plus puissant au monde, avec une capacité de calcul évaluée à 200 pétaflops.

Pour donner un ordre d'idée, c'est en une seule seconde l'équivalent de ce que 6,3 milliards d'êtres humains pourraient calculer à condition de réaliser la même opération chaque seconde de chaque minute de chaque heure, pendant une année entière.

Summit n'est bien sûr par le seul monstre de son genre aux États-Unis. D'autres agences fédérales (la NASA notamment) disposent de supercomputers, tout comme des firmes privées comme Hewlett Packard, Microsoft ou IBM.

La quasi totalité de ces acteurs publics comme privés ont décidé, d'un commun accord, de mettre cette puissance de calcul phénoménale au service de la recherche d'un traitement contre le Covid-19. Les scientifiques peuvent avoir accès à du «temps machine» après une demande motivée.

Accélérer le temps de la recherche

Ces calculateurs dantesques peuvent, grâce à leurs capacités de simulation et de modélisation ou d'analyse rapide d'océans de données, grandement accélérer l'étude précise du virus et de ses particularités, ainsi que la recherche d'un vaccin ou de molécules et traitements capables, en théorie, d'être efficace contre l'ennemi ciblé.

Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre. Une équipe de recherche a ainsi publié un pré-papier sur ChemRxiv dans lequel elle décrit les soixante-dix-sept molécules que Summit leur a suggérées, après l'ingestion et le traitement de montagnes d'études et de données, pour lutter ou aider à lutter contre le Covid-19.

Ce n'est bien sûr que la première étape d'un très long chemin avant qu'un éventuel nouveau traitement soit considéré comme utile et approuvé pour un usage sur les personnes malades, et l'équipe responsable de cette publication reste logiquement prudente.

En ces temps sombres, c'est pourtant déjà un espoir notable. Il l'est d'autant plus que cette mutualisation des pétaflops ne fait qu'entamer sa guerre contre le virus et que d'autres équipes, avec d'autres idées, pourront utiliser ces armes informatiques pour leurs recherches.

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