Cellulaire, mais programmée par ordinateur. | GitHub
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À la rencontre des «xenobots», les premiers robots biologiques au monde

Entre machines programmées et organismes vivants, ces choses d'un genre nouveau ouvrent des portes sur le futur.

Des petits points plus ou moins noirs frétillent au fond d'une boîte de Pétri. Certains semblent foncer en aveugle vers le bord, d'autres répètent des variations du même mouvement.

Ils semblent vivants, mais dédiés à répéter la même tâche à l'infini. Ces étranges petits organismes s'appellent des «xenobots». Ils sont composés de milliers de cellules (environ 2.000), prélevées dans des embryons de grenouilles appartenant à l'espèce des xenopus... et ils se programment sur ordinateur.

Ces créatures d'un genre nouveau, sans sexe, ni cerveau ou estomac, bousculent notre conception de ce qui est robotique ou biologique. Présentées dans une étude scientifique en janvier 2020, elles sont le résultat d'un mariage inattendu entre les recherches sur l'intelligence artificielle de Sam Kriegman et John Bongard, du département d'informatique de l'Université du Vermont, et les recherches en biologie moléculaire de Douglas Blackiston et Michael Levin, du centre de découverte Allen à l'Université Tufts.

Possibilités infinies

Les caractéristiques principales des xenobots, pour le moment, sont qu'ils peuvent se régénérer même après une grosse lacération et qu'ils peuvent survivre une semaine en consommant les protéines qui remplissent leurs cellules (qui permettraient en temps normal le développement de l'embryon de la grenouille).

Quant à leur fonction et leur développement, elles ne sont pas conditionnés par leur ADN mais par leur forme physique –oubliez le têtard et imaginez plutôt les petites créatures pixelisées de Minecraft.

«Nous assistons presque à la naissance d'une nouvelle discipline des organismes synthétiques», explique au New York Times Hod Lipson, un spécialiste de la robotique à l'Université Columbia. «Je ne sais pas si c'est de la robotique, de la zoologie ou quelque chose d'autre.»

Certaines de ces créatures pourraient avoir une tête en forme de fourchette pour pousser, diriger ou rassembler des cellules à la façon d'un berger. D'autres pourraient disposer de petites jambes pour gambader dans la boîte de Pétri. D'autres encore pourraient être dotées d'un appendice leur permettant de nager dans des liquides.

Les recherches ne font que commencer et il est encore impossible de savoir si les xenobots auront un jour un usage concret. Pour les scientifiques, ils ouvrent pourtant un nombre incalculable de possibilités.

«C'est incroyable de ne serait-ce que commencer à imaginer ce que l'on pourrait faire à [cette minuscule] échelle, d'ouvrir cette porte à nos imaginations», rêve tout haut Christina Agapakis, une biologiste de synthèse à Boston, dans le New York Times. «Et si votre machine était vivante? Et biodégradable? Et programmable?»

Ce rêve déjà presque ancien date de 1994, lorsque Karl Sims faisait, dans son projet artistique Evolved Virtual Creatures, danser, sauter, nager ou se battre de fascinantes petites créatures virtuelles en 3D.

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