À l'intérieur de ce boîtier se trouvent de nombreux métaux dont certains rares, qu'il est primordial de pouvoir récupérer. | Clément Mahoudeau / AFP
À l'intérieur de ce boîtier se trouvent de nombreux métaux dont certains rares, qu'il est primordial de pouvoir récupérer. | Clément Mahoudeau / AFP

Les grandes ambitions d'un ancien de Tesla pour recycler les batteries

L'enjeu est à la fois social, environnemental et économique.

La batterie représente plus de la moitié du coût d'un véhicule électrique (57%) selon BloombergNEF. Même si ce prix chute rapidement (-87% entre 2010 et 2019), il représente toujours un surcoût rédhibitoire pour certaines personnes intéressées par l'achat de voitures électriques.

Cela n'empêche pas la demande d'exploser en raison de l'obligation des constructeurs d'intégrer des véhicules électriques dans leur gamme. Selon Simon Moores, directeur général de Benchmark Mineral Intelligence, le besoin mondial en batteries au lithium-ion dans les cinq prochaines années atteindra près de 800 gigawattheures contre 177 en 2019, soit environ 22 fois la quantité produite dans la seule méga-usine de Tesla près de Reno cette même année.

C'est pour répondre à cette double problématique que JB Straubel, un ex-ingénieur de Tesla où il a officié plusieurs années en temps que directeur des technologies, a lancé en 2017 sa start-up Redwood Materials.

Celle-ci vise à recycler les milliards de batteries de téléphones portables et autres appareils électroniques, pour en extraire les précieux métaux nécessaires à la fabrication de nouvelles batteries.

Straubel s'intéresse à la chimie et aux piles depuis son enfance dans le Wisconsin, où un accident de laboratoire lui a laissé une cicatrice sur la joue gauche. À Stanford, dont il est brillamment sorti diplômé, il s'est construit une solide réputation dans le milieu de la mobilité dite propre pour avoir transformé une vieille Porsche en voiture électrique.

Usine géante

Aujourd'hui, Redwood Materials ambitionne de construire la plus grande usine de recyclage de batteries des États-Unis, prenant avantage sur les myriades de petits recycleurs qui n'ont pas toujours les moyens d'investir dans les coûteuses machines indispensables pour démonter les appareils et en extraire les métaux rares.

Grâce à la renommée de son patron et à son potentiel, la start-up n'a eu aucun mal à attirer de prestigieux investisseurs comme Capricorn Investment Group ou Breakthrough Energy Ventures, un fonds considéré comme vert qui compte parmi ses membres le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, et Bill Gates.

Curieusement, ni Tesla ni Elon Musk personnellement n'ont participé au tour de table, bien que Straubel assure entretenir des relations amicales avec son ex-employeur.

«Dans dix ans, le recyclage ramènera le prix des matières premières à environ la moitié de celui des mines», espère le patron de Redwood Materials. Ce dernier affirme avoir construit un processus de recyclage si efficace que l'on peut créer une boucle fermée où pratiquement aucun matériau n'est perdu.

La start-up va multiplier par quatre ses effectifs d'ici à la fin de l'année et Straubel vient de débaucher un autre ex-ingénieur de Tesla, Kevin Kassekert, qui avait notamment supervisé la construction de l'usine de batteries géantes de Sparks, dans le Nevada. Finira-t-il par faire de l'ombre à son ancien employeur?

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