Se géolocaliser risque d'être un peu compliqué. | Capture Google Maps
Se géolocaliser risque d'être un peu compliqué. | Capture Google Maps

Le Royaume-Uni voulait son propre système GPS, mais n'a pas acheté les bons satellites

Une boulette à plus de 420 millions d'euros.

En mars 2020, l'entreprise américano-britannique OneWeb se déclare en faillite. Près de cinq mois plus tard, elle est rachetée via un investissement du gouvernement britannique et du géant des télécoms indien Bharti Global, mettant bout à bout 385 millions de livres, soit un peu plus de 420 millions d'euros, pour se payer la firme en déroute.

Comme le Starlink de SpaceX ou le projet Kuiper d'Amazon, OneWeb voulait proposer un accès à internet pour les zones rurales et isolées. L'entreprise avait déjà lancé 74 de ses 648 satellites lorsqu'elle a été rattrapée par la crise économique.

Pour Londres, le rachat de OneWeb devait incarner ses ambitions spatiales post-Brexit: il permettrait de déployer la version «made in UK» de Galileo, le système de radionavigation de l'Union européenne et équivalent du GPS américain.

Londres a autrefois contribué à ce système européen à hauteur de 1,4 milliard de livres (1,55 milliard d'euros). Après les échecs des négociations sur certains usages de Galileo par le Royaume-Uni, le gouvernement a décidé de créer un système «souverain», dont la mise en place pourrait coûter jusqu'à 5 milliards de livres (5,5 milliards d'euros) et prendre cinq ans.

London, we've had a problem

Problème: OneWeb utilise de petits satellites –environ 1 mètre sur 1 mètre– gravitant à 1.200 kilomètres d'altitude. Les systèmes Galileo et GPS ont recours à des satellites bien plus gros, orbitant quant à eux à 20.000 kilomètres d'altitude. «Il semblait que Londres avait acheté les mauvais satellites», constate le Wired britannique.

Le gouvernement britannique s'est ensuite justifié en expliquant qu'il s'agissait d'éviter le rachat de OneWeb par SpaceX ou Amazon. Dans le contexte post-Brexit, le Royaume-Uni semble déterminé à miser sur l'espace.

Les projets de spatioport se multiplient d'ailleurs dans le pays. Les spécialistes mettent toutefois en garde sur l'illusion d'un «miracle économique» lié à l'espace.

De plus, le Brexit va compliquer considérablement la possibilité pour le Royaume-Uni d'attirer les talents et les technologies en provenance de l'UE pour son industrie spatiale.

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