Ni vu ni connu, ou presque. | Venti Views via Unsplash
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Le plan russe pour saboter les câbles sous-marins, pipelines ou éoliennes européens

Une enquête littéralement explosive.

Qui a saboté les gazoducs Nord Stream –et, surtout, Nord Stream 2– en septembre 2022? Nul ne le sait, du moins pas encore, mais beaucoup attendent avec impatience la désignation éventuelle d'un coupable –c'est notamment le cas des assureurs, pour des très grosses histoires de très gros sous.

L'enquête, conjointe aux autorités allemandes, suédoises et danoises, est en cours et tourne encore autour de la location et des activités louches d'un yacht, l'Andromeda, et de son équipage. Ainsi que l'explique un procureur suédois, le scénario le plus probable, vu le type d'explosif utilisé, est qu'un groupe de barbouzes liés à un État soient intervenus.

Interrogé par Tucker Carlson sur Fox News le 11 avril dernier, l'ex-président américain Donald Trump, dont on connaît l'amour pour la discrétion, l'exactitude et la vérité, s'est rangé dans le camp très incertain de celles et ceux qui pointent directement la responsabilité des États-Unis et de l'administration Biden.

Une enquête poussée de plusieurs médias nordiques (les radios-télévisions DR au Danemark, SVT en Suède, Yle en Finlande et NRK en Norvège) est pourtant venue jeter une autre lumière sur les activités secrètes russes dans le nord de l'Europe.

Selon les journalistes, et comme le résume le Guardian, le Kremlin fomenterait un plan pour s'attaquer aux grandes et vitales infrastructures que sont les câbles sous-marins, les pipelines dans lesquels transitent gaz ou pétrole, voire les installations d'éoliennes offshores.

Pirates des Caraïbes, mais du Nord

Selon l'intelligence danoise, l'opération russe serait considérée comme de la plus haute importance par Moscou, qui lui consacrerait donc de gros moyens, techniques comme humains. Elle reposerait sur une flotte de navires fantômes, des bateaux dont le dispositif d'identification et de géolocalisation a été coupé pour les rendre invisibles, et qui sillonneraient les mers septentrionales pour cartographier avec précision ces installations sensibles.

Déguisés en navires scientifiques ou de pêche, dotés d'un matériel spécialisé dans ces tâches de surveillance, de renseignement ou de cartographie sous-marins –notamment de petits sous-marins–, ces embarcations seraient bourrées d'agents du Kremlin chargés de dessiner un plan à mettre en œuvre en cas de conflit direct avec l'Europe et l'Occident.

Un bateau en particulier est mentionné: l'Amiral Vladimirsky. La Royal Navy l'aurait observé naviguant à proximité de grandes installations d'éoliennes en mer du Nord, au large des côtes britanniques ou hollandaises et à allure réduite.

Un journaliste ayant tenté de l'approcher aurait quant à lui été accueilli par des hommes d'équipage cagoulés et équipés de fusils-mitrailleurs et de gilets pare-balles militaires –chose plutôt rare sur un navire aux visées scientifiques ou venu pêcher le merlu au large de l'Écosse.

Ce n'est pas la première fois que la Russie est ainsi pointée du doigt pour son intérêt très poussé pour les installations sous-marines occidentales. Dès 2020, des agents du Kremlin avaient été observés dans les eaux ou sur les terres irlandaises, à proximité d'installations permettant les échanges de données entre l'Europe et les États-Unis.

Début 2022, un câble norvégien avait également été endommagé, a priori par une activité d'origine humaine et que beaucoup avaient attribuée à la Russie. L'invasion à grande échelle de l'Ukraine et le conflit larvé avec l'Occident qui a suivi ont de nouveau placé l'éventualité d'une telle guerre sous-marine au cœur des préoccupations.

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