A priori, il ne lancerait pas la torpille lui-même. A priori... | Alexey Nikolsky / Sputnik / AFP
A priori, il ne lancerait pas la torpille lui-même. A priori... | Alexey Nikolsky / Sputnik / AFP

Panique dans les états-majors: la Russie planche sur une «torpille nucléaire à tsunamis»

Furtive, qui plus est.

La simple addition des termes suffit à effrayer les plus placides des sceptiques. Selon des experts en armement et des officiels de la défense cités par CNN, la Russie travaillerait sur une torpille nucléaire furtive dont la mission finale est de provoquer des tsunamis radioactifs.

Signe de l'importance renouvelée que prennent les territoires arctique pour la Russie, tant sur le plan économique que militaire, les recherches seraient menées à bon train dans des bases reculées, situées au-delà du cercle polaire, dont le site américain montre des photos satellites.

Nommée Poseidon 2M39, la torpille en question fait partie des nouvelles super-armes dont Vladimir Poutine a souhaité équiper une Russie aux ambitions internationales fortes. Si de nombreux formats sont explorés, tous plus effrayants les uns que les autres, un autre de ces missiles inédits est le Tsirkon, arme dite «hypersonique», destinée à couler des navires ennemis et testée fin 2020.

La Poseidon 2M39 est décrite comme une torpille à propulsion nucléaire, capable de se jouer des défense côtières ennemies et, depuis le plancher marin, de fondre sur les côtes adverses à quelques encablues desquelles une vaste détonation atomique soulèverait des «tsunamis radioactifs».

C'est terrifiant. Et c'est justement le principe. Annoncée en 2015, l'arme a d'abord été considérée comme un «tigre de papier» par les autorités militaires américaines et les experts internationaux, rappelle CNN. Soit une menace techniquement difficile à réaliser, mais pouvant éventuellement peser dans le rapport de force engagé par la Russie avec ses rivaux.

De l'incrédulité à la peur

De tigre en papier, la Poseidon 2M39 semble pourtant être depuis devenue une menace crédible, et prise très au sérieux par les mêmes analystes.

Des sous-marins géants destinés à lancer la chose, tel le K-329 Belgorod dont la Russie parle comme d'un «cuirassé», ont été testés et, selon les médias d'État du pays, des tests de l'arme auraient été réclamés pour les prochains mois par Vladimir Poutine à son ministre de la Défense.

«C'est clairement un projet qui sert à faire peur, comme une carte à jouer dans de futures négociations, peut-être des discussions sur le contrôle des armements», explique à CNN Katarzyna Zysk, professeure au Norwegian Institute for Defence Studies. «Mais pour que cela fonctionne, cela doit être crédible. Il semble que ce soit réel», ajoute-t-elle.

Il n'est pas impossible que cette alerte, comme les précédentes, soit également utilisée par les États-Unis ou leurs alliés pour appuyer ou justifier leurs propres programmes de recherches dans des systèmes d'armes plus ou moins similaires.

Si l'utilisation guerrière de la Poseidon 2M39 et les «tsunamis radioactifs» qu'elle promet aux régions côtières des ennemis de la Russie a de quoi inquiéter, sa simple existence fait peser un risque important sur l'environnement. Sa propulsion atomique supposée ne peut que laisser des traces, et l'accident mystérieux en 2019 du missile Burevestnik a semble-t-il eu de lourdes conséquences.

«Nous sommes inquiets pour l'environnement, explique ainsi à CNN Andreas Stensønes, patron des services de renseignements norvégiens. Ce n'est pas seulement quelque chose de théorique: de fait, nous avons assisté à des accidents sérieux ces dernières années. Le potentiel d'une contamination ne fait aucun doute.»

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