«Allez, salut!» | Alexey Nikolsky / Sputnik / AFP
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La Russie prépare Poseidon, son infernale torpille à tsunamis et propulsion nucléaire

Le très secret sous-marin K-329 Belgorod devrait en être équipé.

Le 1er mars 2018, le président russe Vladimir Poutine présentait au monde ses nouveaux missiles dignes de l'apocalypse, ses Wunderwaffen («armes miraculeuses») à lui, supposées aussi invincibles que destructrices. Avec le missile hypersonique Avangard, l'intercontinental RS-28 Sarmat, le «Tchernobyl volant» Burevestnik, ou encore le Tsirkon, la Russie se replaçait dans la course aux armes du futur –réelles ou plus fantasmatiques.

Parmi ces bidules de l'enfer, il est un engin sous-marin absolument terrifiant et sur lequel la Russie a semble-t-il bien avancé: une «torpille nucléaire à tsunamis», comme nous l'avions appelée dans un précédent article, publié en avril 2021, possiblement autonome et nommée «Poseidon».

Celle-ci a été conçue pour fondre sur les côtes des puissances ennemies et y provoquer les dégâts cataclysmiques que son surnom laisse imaginer, propulsée par l'énergie atomique et donc dotée d'une autonomie virtuellement infinie, capable d'évoluer de manière furtive et indétectable dans les très grands fonds.

Comme l'explique l'expert en choses nautiques H I Sutton, la torpille Poseidon, également connue sous le nom de «Status-6» en Russie ou sous celui de «Kanyon» du côté de l'OTAN, a de quoi bouleverser les règles de l'engagement tout en lançant dans les états-majors une nouvelle course pour concevoir des contre-mesures qui n'existent a priori pas encore.

«Elles sont très peu bruyantes, ont une grande maniabilité et sont pratiquement indestructibles. Aucune arme ne peut les contrer dans le monde actuel», expliquait Vladimir Poutine en 2018, selon la traduction de Reuters.

La mer, qu'on voit brûler...

Il semble que Poseidon soit sur le point très concret de voir le jour, ou du moins la grande obscurité des fonds marins. Selon l'agence d'État Tass, reprise par Reuters, la Russie en aurait ainsi produit les premiers exemplaires, à destination du sous-marin très particulier qui devrait les accueillir, le K-329 Belgorod.

Le K-329 Belgorod est un drôle d'animal. Lancé en juillet 2022 avec la pompe qui lui est due, version modifiée d'un engin de classe Oscar-II, c'est l'un des plus gros sous-marins au monde, avec une longueur de 178 mètres.

Très secret et encore mal connu des services occidentaux, il a été pensé pour pouvoir évoluer dans les très grandes profondeurs et y engager une «guerre des fonds marins». C'est-à-dire y déposer diverses armes furtives ou matériels de renseignement, espionner ou saboter les installations sous-marines (câbles, pipelines, etc.), y procéder à des missions de sauvetage, ou s'y tapir en attendant de lancer l'arme fatale, la fameuse torpille Poseidon.

À l'automne 2022, le Belgorod faisait parler de lui dans les mers congelées du Grand Nord, y disparaissant quelque temps pour mieux y réapparaître, et sans doute montrer un peu de ses formes rondes et de ses inquiétantes et menaçantes capacités aux services de renseignement du monde entier.

En novembre il se préparait, selon le Pentagone, à tester l'une de ces torpilles avant, semble-t-il, de devoir abandonner la mission. Mais cette fois-ci, c'est la bonne, selon Tass: le Belgorod aurait déjà procédé à des tests de prototypes de l'infernal engin, afin de vérifier le bon fonctionnement à différentes profondeurs de son système de lancement.

À en croire ces informations et fuites –mot malheureux dans le cas d'un sous-marin–, la prochaine étape serait donc, pour le Belgorod, la réception de versions finales de Poseidon, six torpilles étant supposées équiper son effrayante force de frappe. Et ensuite? Qui vivra verra, si quelqu'un vit.

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