Google vous épie tout au long de vos journées. | PhotoMIX-Company via Pixabay

Google vous épie tout au long de vos journées. | PhotoMIX-Company via Pixabay

Est-il impossible de vivre sans Google?

Non, mais c'est particulièrement pénible; une journaliste a testé.

Comment feriez-vous pour faire disparaître Google de votre vie? Supprimer les applications? Quitter Chrome? Cela pourrait se révéler bien plus difficile que prévu. Pour Gizmodo et dans le cadre d'une série passionnante nommée Goodbye Big Five, la journaliste Kashmir Hill a fait l'expérience de se priver de Google pendant une semaine entière, et a pu observer les conséquences de cette rupture. «J'ai tout foutu en l'air», annonce-elle dès le titre de sa passionnante enquête –pas étonnant, Hill est particulièrement connectée, elle appartient à ce type de travailleur 2.0. ultra-consommateur d'outils numériques. Elle note ses rendez-vous dans Calendar, surfe sur Chrome, envoie et reçoit des courriers avec Gmail, écrit sur Docs et se déplace grâce à Maps: une réelle Google-dépendance.

Kashmir Hill a changé ses habitudes en utilisant des applis de substitution comme Firefox, Duckduckgo ou encore Protonmail. Pour atteindre son objectif, elle s'est alliée à Dhruv Mehrotra, un ingénieur qui a mis en place un sytème capable de bloquer toutes les adresses IP appartenant à la firme de Mountain View. Car, pour échapper à la portée de Google, il ne suffit pas de changer d'applications: que vous le vouliez ou non et, surtout, que vous le sachiez ou non, Google s'imisce partout. L'entreprise contrôle 8.699.648 adresses IP dans le monde.

La vie quotidienne de la reporter a donc été brutalement impactée: en voulant réserver un séjour sur Airbnb, sans connexion à Google, les photos des locations ne s'affichaient pas; en essayant de se rendre à un rendez-vous en Uber, impossible car le service repose sur Maps pour afficher la carte. Globalement, la navigation sur internet est perturbée par une connexion plus lente parce que beaucoup de sites utilisent des technologies Google pour afficher leurs pages et leurs contenus.

Non-stop Google

Couper le cordon technique de la firme de Mountain View ne suffit pas. Il faut aussi se débarrasser de ses mauvaises habitudes: pour résister à la tentation de cliquer machinalement sur une application, Hill a rassemblé toutes celles qu'elle a bannies dans un dossier sur son iPhone.

Même les activités qui ne concernent pas les obligations professionnelles sont affectées. Impossible ou difficile d'utiliser un site d'actualités comme le New York Times, qui repose sur Google pour collecter des statistiques sur les visites de son lectorat. Pas grave, ouvrons Spotify pour écouter les dernières sorties. Ou pas: les musiques de la plateforme de streaming sont hébergées sur le cloud de Google.

Durant toute la semaine, les appareils de Kashmir Hill ont tenté de se connecter 104.387 fois aux services de Google et de ses technologies, soit quasiment 15.000 fois par jour. La plupart de ces liaisons se sont matérialisées sous forme de traqueurs, de publicités et de diverses technologies. Ce test grandeur nature a servi à démontrer qu'il est particulièrement difficile de quitter l'étreinte de Google et que le géant multicolore nous accompagne dans toutes nos tâches. Et vous, saurez-vous relever le défi?

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