Cette image vous a-t-elle suffisamment attiré·e pour que vous cliquiez dessus et lisiez l'article? | Mateus Campos Felipe via Unsplash
Cette image vous a-t-elle suffisamment attiré·e pour que vous cliquiez dessus et lisiez l'article? | Mateus Campos Felipe via Unsplash

Existe-t-il une science derrière les «bonnes» photos sur Instagram?

L'émotion, ça se calcule.

Des corps nus pour obtenir des likes. Le lundi 15 juin, Mediapart a révélé l'existence d'une «prime à la nudité» dans l'algorithme d'Instagram. Le média français s'est appuyé sur l'analyse en profondeur d'un brevet relatif à la plateforme déposé en 2015 par deux ingénieurs de Facebook.

Ils ont pu déceler les critères cachés selon lesquels le réseau met en avant certaines images ou non –le «score d'engagement». Parmi ces critères on retrouve le genre, l'ethnicité mais aussi le niveau de nudité. «L'interface de programmation peut évaluer le niveau de nudité des personnes sur une image», révèle le document cité.

Dans le même temps, The Next Web a essayé d'analyser l'autre pendant du réseau social: celui des utilisateurs ou utilisatrices et de leurs choix. L'article a cherché à comprendre ce qui fait qu'une personne interagit avec une image, que cette dernière soit mise en avant ou non par l'algorithme.

Les journalistes ont interrogé trois spécialistes –un neuroscientifique, un designer et un psychologue– ayant publiés des ouvrages liés à l'image, à nos perceptions et à nos émotions en ligne.

Équation de l'attention

Tedi Asher, neuroscientifique en résidence au Peabody Essex Museum, définit deux types d'influences qui retiennent l'attention: les influences ascendantes («bottom-up influences») qui se concentrent sur les perceptions sensorielles (ce que l'on sent, voit, entend, etc.) et les influences descendantes («top-down influences») qui «sont cognitives par nature et stimulées par les buts, mémoires et/ou émotions».

Ces deux facteurs peuvent fonctionner de concert: vous pouvez d'abord être attiré·e par les couleurs vibrantes d'une vidéo en montagne, mais si vous passez un moment à contempler les images, c'est parce qu'elles vous rappellent les vacances.

En jouant sur ces deux facteurs, une image Instagram atteindra son but: retenir votre attention. À cette fin, les éléments visuels –la couleur et la composition– vont remplir leur première fonction, celle de l'influence ascendante. Mais à l'ère des réseaux sociaux, il en faut plus pour capter l'attention des gens.

Pour vraiment changer la donne, l'image se doit de procurer une émotion. Il est nécessaire que objectif de l'image corresponde à son aspect visuel. Si l'on veut générer des likes et des partages, les émotions positives, l'humour et la tranquillité que dégage un cliché vont primer.

Si l'on veut susciter une prise de conscience à propos d'un sujet, mieux vaudra envisager le mouvement, l'action ou d'autres émotions. Pour faire la différence, il faut soigner son storytelling. «Capturer et exprimer avec succès les émotions prévalentes de la société est ce qui rend une image bonne», conclut le psychologue John Suler de l'université de Ryder.

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