À l'heure actuelle, le coût de transport vers la Lune est d'environ 100.000 dollars (94.000 euros) par kilogramme de matériau. | NASA via Unsplash
À l'heure actuelle, le coût de transport vers la Lune est d'environ 100.000 dollars (94.000 euros) par kilogramme de matériau. | NASA via Unsplash

Et si on passait le sol de la Lune aux micro-ondes pour optimiser les pistes d'atterrissage?

C'est la méthode actuellement privilégiée par la NASA.

Et si l'une des clés de la conquête de l'espace résidait dans la construction rapide de pistes d'atterrissage à bas prix? C'est en tout cas l'un des dossiers sur lesquels la NASA travaille actuellement d'arrache-pied, persuadée que les États-Unis pourraient ainsi tirer leur épingle du jeu.

Les pistes d'atterrissage en question devront être capables de limiter au maximum les projections de poussières et de particules. Mais il semble difficilement envisageable d'exporter de grandes quantités de matériaux terrestres adaptés afin de pouvoir les construire. La NASA travaille donc actuellement avec les université de Floride et d'Arizona, ainsi qu'avec la société Cislune, sur une méthode plus maligne et moins coûteuse.

L'idée, détaillée dans la revue New Space, serait d'utiliser des micro-ondes afin de faire fondre le sol de la Lune, puis de le soumettre à une série de transformations pour en faire le revêtement idéal pour faire atterrir les futurs vaisseaux. Le retour des États-Unis sur le satellite terrestre est prévu pour 2025, dans le cadre de la mission Artemis 3. La première d'une longue série, puisque l'installation d'habitations et de systèmes d'extraction des ressources est prévue par la suite.

«Stratégiquement, c'est important que notre nation soit présente sur la Lune, parce que la valeur économique des ressources spatiales est très élevée», explique Phil Metzger, co-auteur de l'étude sur le sol lunaire. Et pouvoir utiliser les matériaux présents sur place serait un immense point fort: à l'heure actuelle, le coût de transport vers la Lune est d'environ 100.000 dollars (94.000 euros) par kilogramme.

Repenser les matériaux de base

L'utilisation des micro-ondes permettrait de rendre le sol de la Lune plus absorbant, et ce en triant les particules en fonction de leur susceptibilité magnétique, c'est-à-dire leur faculté à s'aimanter sous l'effet d'une excitation magnétique émise par un champ.

Il faut rappeler que la construction sur la Lune (ou sur Mars) est différente, à bien des égards, de celle sur la Terre, comme l'explique Erik Franks, fondateur et directeur de Cislune: «Le béton et l'acier sont énormément utilisés sur Terre, et sont le fruit d'un long développement, basé sur le fait que nous disposons d'eau, de charbon et d'air en grande quantité. Sur d'autres planètes, nous n'avons pas d'énergies fossiles, et l'air et l'eau sont plus précieux que l'or.» D'où la nécessité de créer de nouveaux processus de fabrication, faisant appel aux matériaux les plus communément présents sur place.

Dans un futur proche, il s'agira de créer des prototypes afin de tester ce passage sous les micro-ondes dans des conditions similaires à celles de la Lune. Car une bonne idée applicable sur Terre ne l'est pas forcément dans un autre milieu.

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