Le droit d'aller prendre l'air se trouve peut-être dans votre sang. | National Cancer Institute via Unsplash
Le droit d'aller prendre l'air se trouve peut-être dans votre sang. | National Cancer Institute via Unsplash

Peut-on déjà se fier à une app de passeport immunitaire?

Une start-up propose déjà son CoronaPass aux États, sur des bases scientifiques pourtant balbutiantes.

Les applications à la rescousse des confiné·es? Alors que le gouvernement français a annoncé le développement de StopCovid, une app qui tracera les contaminations au coronavirus, plusieurs pays et experts réfléchissent à la mise en place d'un «passeport immunitaire» sous la forme d'une application mobile. C'est le cas en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Italie et c'est auss la volonté de certains médecins américains.

L'objectif d'une telle application serait d'utiliser les données de tests sanguins pour déterminer quelles sont les personnes immunisées au SARS-CoV-2 et leur permettre de reprendre une vie normale ainsi que des activités professionnelles. Des scientifiques allemand·es, comme le note le Guardian, préparent par exemple une étude de masse sur le nombre de personnes déjà immunisées dans le pays.

Une start-up a évidemment sauté sur l'occasion pour proposer sa propre solution. Elle s'appelle CoronaPass et a été développée par une firme britannique, Bizagi. Disponible depuis le mercredi 15 mars, elle veut utiliser une base de données cryptées pour stocker les informations sur le statut immunitaire des personnes qui l'utilisent.

Comme le relate Quartz, le PDG de l'entreprise Gustavo Gómez explique que son entreprise est en relation avec différents pays et entreprises pour implémenter l'application.

Celle-ci utiliserait les données transmises par les autorités médicales et se présenterait, simplement, sous la forme d'un QR Code à scanner pour vérifier le statut immunitaire d'une personne. Ce processus permettrait de mettre fin (ou d'amoindrir) les mesures de distanciation sociale avant la mise sur le marché d'un vaccin, ce qui pourrait encore prendre douze à dix-huit mois.

Incertitudes

La problématique, cependant, est que nous ne connaissons pas assez la réponse immunitaire à ce coronavirus bien particulier: ni sa durée dans le temps, ni l'étendue de la protection immunitaire, comme le rappelle le MIT Technology Review, dans un article que l'on peut retrouver partiellement traduit en français dans Courrier International.

En Chine, les premières données prélevées sur 175 individus infectés montrent un large éventail de réactions de la part des anticorps –notons que l'étude en question n'a pas encore été soumise à une évaluation collégiale.

Les données révèlent toutefois que 30% des personnes présentent des anticorps minimes au virus, un signe que le système immunitaire a battu le virus sans pour autant développer les anticorps nécessaires à une immunité durable.

La question de la précision des tests sérologiques auxquelles seraient associées les données d'une application comme CoronaPass est aussi soulevée. En un mot, le recul scientifique sur la réponse des anticorps est insuffisant pour se précipiter dans la mise en place d'un tel passeport.

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