Vous n'avez sans doute pas envie que cette chose tombe dans votre jardin. | NASA via flickr
Vous n'avez sans doute pas envie que cette chose tombe dans votre jardin. | NASA via flickr

La Station spatiale Internationale périra par le feu

Elle fête ses vingt ans mais prépare sa sortie.

Pour la première fois, le 3 novembre 2000, trois hommes foulaient de leurs pas sans pesanteur la Station spatiale Internationale, mise en orbite deux ans plus tôt.

William Shepherd, Sergei Krikalev et Yuri Gidzenko n'étaient que les premiers d'une longue série d'humains, qui allaient faire de l'engin spatial une inaltérable et précieuse source de savoirs scientifiques. L'ISS a, depuis accueilli 241 individus, issus de dix-neuf pays différents.

Mais toutes les grandes choses ont une fin et la station n'a pas été conçue pour l'éternité. «L'idée a toujours été “Oh, on finira bien par la faire redescendre”, “Nous sommes engagés à la faire désorbiter”», explique à Scientific American Jonathan McDowell, astronome pour Harvard et spécialiste de la question.

«Mais j'ai l'impression qu'ils ne se posent réellement la question que depuis cinq ans. Jusque là, c'était “La la la, elle est en orbite, nous continuons à la construire, nous n'allons pas déjà nous inquiéter de la manière dont nous allons nous en débarrasser”. Ce n'est pas la manière dont les choses doivent être faites.»

Par le feu

C'est pourtant ce sur quoi planche le Aerospace Safety Advisory Panel de la NASA, chargé de réfléchir à la question de la sécurité des objets. Si l'agence spatiale américaine garantit que l'ISS volera jusqu'à fin 2028 au moins, cette instance fait en sorte que la question de sa fin de vie soit d'ores et déjà abordée.

Les récents déboires de son introuvable trou, les pannes en série des modules russes ou la question chaque jour plus épineuse des débris spatiaux pourraient dramatiquement accélérer le calendrier. Il existe un précédent, plutôt malheureux: Skylab, première station spatiale américaine, dont la rentrée dans l'atmosphère puis la chute sur Terre s'est faite de manière incontrôlée.

La Station spatiale Internationale est un objet massif. Il a fallu quarante-deux lancements différents pour mettre en orbite ses éléments, ceux-ci pèseraient sur terre 420 tonnes et, selon la NASA, la chose fait approximativement la taille d'un terrain de football.

Dans le cas d'une entrée incontrôlée dans l'atmosphère, ses gigantesques panneaux solaires seraient probablement atomisés. Le reste de l'objet se désintégrerait en une myriade d'éléments incandescents, de taille parfois importante, qui finiraient par retomber au sol.

Ce ne serait pas aussi dangereux pour l'humanité dans son ensemble que la chute d'un astéroïde massif, mais Jonathan McDowell mentionne le scénario du pire, un «11 septembre» de large ampleur.

Les scientifiques cherchent donc la meilleure méthode pour faire chuter l'ISS sans toucher les populations au sol. En 2017, la NASA et Roscosmos publiaient de concert un article sur la question, qui tirait notamment ses enseignements des derniers jours de la station Mir en 2001.

En cas d'urgence ou en fin de vie, les deux agences imaginaient l'utilisation de la poussée d'un vaisseau cargo russe Progress, ou celle des propres réacteurs de la station, pour placer cette dernière dans une position de chute contrôlée avant son entrée dans l'atmosphère. Le feu de cette dernière ferait alors son œuvre, et la chute des éléments que cette pénétration n'aurait pas annihilés se ferait dans le Pacifique Sud, peu peuplé.

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