La centrale nucléaire de Doel, en Belgique. | Frederic Paulussen via Unsplash

La centrale nucléaire de Doel, en Belgique. | Frederic Paulussen via Unsplash

En quête de respectabilité, le bitcoin se tourne vers le nucléaire

Cela ne suffira pas à le rendre écolo.

Au-delà de son utilité réelle et de la grande instabilité de son cours, l'une des principales critiques formulées contre les cryptomonnaies en général, et le bitcoin en particulier, est son utilisation gargantuesque d'énergie.

Les puissants ordinateurs nécessaires à «miner» les bitcoins nécessitent en effet énormément de puissance pour fonctionner. Alors que le changement climatique continue de ravager la planète, ce n'est pas exactement ce que l'on peut attendre d'une technologie se présentant comme l'avenir des transactions financières.

Afin de redorer l'image de leur monnaie virtuelle, certains mineurs tentent donc, dans la mesure du possible, de rendre leur crypto «verte». Pour cela, de plus en plus de partenariats sont noués entre des entreprises du secteur du bitcoin et de celui du nucléaire.

Oklo, une start-up qui prévoit de construire des mini-réacteurs nucléaires, a annoncé en juillet un partenariat de vingt ans avec Compass, une entreprise de minage. Ce même mois, la firme Energy Harbor –mouillée par ailleurs dans un scandale de corruption– a annoncé qu'elle allait fournir en énergie nucléaire le centre de minage de Coshocton, dans l'Ohio.

De son côté, l'entreprise Talen Energy a pour projet de construire un datacenter dédié au bitcoin à côté de sa centrale nucléaire en Pennsylvanie.

Malgré ces projets, il y a peu de chances que les cryptomonnaies deviennent véritablement neutres sur le plan environnemental.

Nouvelle (nuclé)ère

Tout d'abord, ces quelques projets ne sont qu'une goutte dans l'océan. Avant que le pays n'entre en guerre contre les cryptomonnaies, la réalité du minage de bitcoin se trouvait essentiellement en Chine, où la production d'énergie est très polluante. Les activités se sont depuis déplacées vers des pays dont les centrales ne sont a priori pas beaucoup plus neutres.

Et quand bien même une grande partie des fermes à bitcoin était reliée à des réacteurs nucléaires, la crypto deviendrait-elle écologique pour autant?

L'énergie nucléaire est certes «verte» au sens où elle ne rejette pas de gaz à effet de serre, mais les déchets nucléaires qui peuvent rester actifs des centaines de milliers d'années et les catastrophes humaines et environnementales qu'elle peut causer n'en font pas une solution absolue.

À ce niveau, la question n'est pas tant «l'énergie utilisée pour faire fonctionner le bitcoin est-elle verte?» que «une monnaie qui consomme autant d'énergie pour fonctionner est-elle vraiment nécessaire?».

D'autant que le minage de bitcoin n'est pas vraiment une activité que l'on peut qualifier de durable. Il est prévu depuis la création de la cryptomonnaie qu'il ne pourra y avoir en tout que 21 millions de bitcoins: 18,5 millions environ ont déjà été minés.

Il se passera beaucoup de temps avant que le dernier bitcoin ne soit produit, mais la récompense financière pour avoir miné un bitcoin est divisée par deux tous les quatre ans.

Les datacenters en place devront alors reposer sur la taxe payée à chaque transaction, qui risque d'augmenter sensiblement. Impossible donc de savoir comment va se comporter le bitcoin, déjà très volatile, d'ici quelques années.

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