Le train de la peur. | STR / KCNA VIA KNS / AFP
Le train de la peur. | STR / KCNA VIA KNS / AFP

Mauvaise nouvelle: la Corée du Nord peut désormais tirer ses missiles balistiques depuis des trains

Les projectiles inquiètent, la manière encore plus.

La nouvelle des avancées de la Corée du Nord dans son programme nucléaire –un réacteur a d'ailleurs été remis en marche il y a quelques semaines– notamment de son acquisition d'une robuste technologie de missiles balistiques, n'est jamais prise à la légère.

Ainsi du lancement, les 11 et 12 septembre, de ce qui semblait être des missiles de croisière à longue portée, que Le Monde a décrit comme proches du Tomahawk américain, et qui ont parcouru une distance respectable de 1.500 kilomètres environ avant de s'échouer en mer.

Ce renforcement de l'arsenal nord-coréen peut légitimement inquiéter, notamment le voisin japonais ou la Corée du Sud qui, de son côté, n'est pas en reste et a également testé de nouveaux projectiles. Mais si l'arme elle-même peut donner quelques sueurs froides, la manière dont elle a été lancée offre de sérieuses migraines en perspective dans les états-majors du monde entier.

Les nouveaux joujoux de Kim Jong-un n'ont ainsi pas été lancés depuis de classiques plateformes ou silos mais, comme le note justement The Drive et le clame avec fierté le pouvoir nord-coréen, depuis «un système mobile sur rails».

Dissémination

C'est, explique un communiqué officiel et très verbeux transmis par l'agence d'État, une manière «d'augmenter la capacité à frapper intensivement n'importe quelle force menaçante, dans de nombreux endroits différents et au même moment durant une opération militaire, et d'augmenter avec puissance, dans l'établissement d'une nouvelle stratégie de défense, notre capacité de faire face à tout type de menace».

The Drive note que les missiles semblent être contenus dans des wagons modifiés, capables de se refermer avant d'entrer en action et de soulever leur engin de mort puis le lancer dans les airs.

Le site note surtout que, si la Corée du Nord disposait déjà de plateformes mobiles de lancement de missiles, ce système sur rail change grandement la donne, pour elle-même comme pour toute puissance qui souhaiterait se frotter à sa puissance militaire.

Technologiquement et industriellement capable de produire des trains modifiés, tel le train ultra-blindé et tout aussi luxueux dans lequel Kim Jong-un voyage régulièrement, la Corée du Nord dispose en outre d'un réseau ferré dense et complexe.

La création, le développement et l'adaptation de ce «système mobile sur rails» lui offre donc une nouvelle carte stratégique d'importance. Elle peut désormais disséminer ses missiles aux quatre coins du pays, à sa convenance, et selon le type de menace auquel elle fait face.

Elle rend le renseignement ennemi autrement plus complexe: les trains de la mort pourraient être planqués dans l'un des nombreux tunnels de ce pays de montagne, voire de bunkers construits pour l'occasion, s'en extraire pour tirer puis y effectuer une rapide retraite. Ni vu, ni connu, mais létal pour des ennemis ne sachant plus d'où la mort est partie.

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